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Cinéma dans la Tête

L’esthétique du film à la lumière des neurosciences

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Emmanuelle Glon

L’approche cognitiviste proposée dans cette étude vise à inscrire l’expérience que nous avons du film dans le prolongement créatif et ludique de notre activité générale de compréhension du monde et de l’esprit. De ce point de vue, l’image filmique n’est ni un objet de signification langagière, ni une cause de marginalité mentale, mais un vaste champ expérimental où s’élaborent et se révèlent la complexité et la finesse de la mentalisation humaine. Par la variété de ses formes, ses particularités techniques et scéniques ainsi que sa nature mouvante, le film est une subversion de la nature. En lui imposant ses prérogatives, le film permet au cerveau humain d’exploiter sa propre créativité, au-delà de ses propres lois et sans lequel l’expérience esthétique n’aurait jamais pu exister. En associant à la réflexion esthétique les apports explicatifs des neurosciences cognitives, l’analyse de l’expérience du film en général et du cinéma en particulier participe à un tournant dans la réflexion philosophique sur l’esprit.

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Introduction - 11

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11Introduction Il n’a pas tellement envie de s’éveiller ; mais il comprend que, s’il ne sort pas de son sommeil, il sera bientôt seul à dormir. Thomas Pynchon (V) Comment arrivons-nous à comprendre un film de cinéma ? Ou plutôt, pour com- mencer, comment arrivons-nous à comprendre un film ? De prime abord, la ques- tion est mal posée, trop ample, trop vague. Car de quel film parle t-on ? Un film de fiction ou un film documentaire ? Un court-métrage ou un long-métrage ? Un film vidéo ou un film cinématographique ? Un film photographique ou un film d’animation ? Un film classique ou un film expérimental ? A moins que ne ce soit un film industriel ou encore un film publicitaire ? Il y aurait même à redire sur la classification ci-dessus, trop grossière en regard des œuvres ainsi som- mairement classées. A première vue en effet, la question est mal posée. Pourtant, tous les réalisateurs de films, quelque soit le style, le genre et la qualité artistique de leurs œuvres, ont au moins ceci en commun : ils ont travaillé à partir d’un support particulier, qu’il soit photographique, numérique ou cathodique, plus par- ticulièrement un médium constitué d’un ensemble structuré d’images en deux dimensions disposées en une série de plans et de séquences visuelles, sonores et en mouvement. C’est peu pour un expert en art audiovisuel mais c’est énorme pour un spectateur, un flot d’informations mobilisant tout un ensemble d’apti- tudes,...

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