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Cinéma dans la Tête

L’esthétique du film à la lumière des neurosciences

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Emmanuelle Glon

L’approche cognitiviste proposée dans cette étude vise à inscrire l’expérience que nous avons du film dans le prolongement créatif et ludique de notre activité générale de compréhension du monde et de l’esprit. De ce point de vue, l’image filmique n’est ni un objet de signification langagière, ni une cause de marginalité mentale, mais un vaste champ expérimental où s’élaborent et se révèlent la complexité et la finesse de la mentalisation humaine. Par la variété de ses formes, ses particularités techniques et scéniques ainsi que sa nature mouvante, le film est une subversion de la nature. En lui imposant ses prérogatives, le film permet au cerveau humain d’exploiter sa propre créativité, au-delà de ses propres lois et sans lequel l’expérience esthétique n’aurait jamais pu exister. En associant à la réflexion esthétique les apports explicatifs des neurosciences cognitives, l’analyse de l’expérience du film en général et du cinéma en particulier participe à un tournant dans la réflexion philosophique sur l’esprit.

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VI. Imagination symbolique et conventions - 149

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VI. Imagination symbolique et conventions Film de cinématographe où les images, comme les mots du dictionnaire, n’ont de pouvoir et de valeur que par leur position et relation. Robert Bresson (Notes sur le cinématographe) Il y a deux types de trucage, ceux qui se voient et ceux qui ne se voient pas, et les films dont les trucages se voient représentent dans l’ensemble de la produc- tion cinématographique – étasunienne et européenne du moins – une part lar- gement minoritaire par rapport à ceux qui, dans notre dos, se maquillent dans le noir. Ce qui apparaît comme un film intimiste inoffensif peut être bardé de tru- cages numériques. Il n’est pas rare par exemple que ce que l’on croit être une scène de conversation bateau dans une voiture perdue dans les embouteillages ait été tournée en studio, les décors extérieurs ayant été réalisés par imagerie digitale. Ou l’accident : des acteurs, après avoir tourné quelques scènes, se désis- tent et il faut trouver un remplaçant. Au lieu de refaire les scènes et grever le budget déjà pas mal amoché alors on numérisera les séquences afin d’effacer l’acteur et disposer en son lieu et place le remplaçant, après qu’il ait rejoué les mêmes scènes. Ce genre de chose arrive, ne faisant du tournage qu’un à plat laissé à l’entière disposition du matériau abondant qu’est la post-production. Il se pourrait donc...

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