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Cinéma dans la Tête

L’esthétique du film à la lumière des neurosciences

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Emmanuelle Glon

L’approche cognitiviste proposée dans cette étude vise à inscrire l’expérience que nous avons du film dans le prolongement créatif et ludique de notre activité générale de compréhension du monde et de l’esprit. De ce point de vue, l’image filmique n’est ni un objet de signification langagière, ni une cause de marginalité mentale, mais un vaste champ expérimental où s’élaborent et se révèlent la complexité et la finesse de la mentalisation humaine. Par la variété de ses formes, ses particularités techniques et scéniques ainsi que sa nature mouvante, le film est une subversion de la nature. En lui imposant ses prérogatives, le film permet au cerveau humain d’exploiter sa propre créativité, au-delà de ses propres lois et sans lequel l’expérience esthétique n’aurait jamais pu exister. En associant à la réflexion esthétique les apports explicatifs des neurosciences cognitives, l’analyse de l’expérience du film en général et du cinéma en particulier participe à un tournant dans la réflexion philosophique sur l’esprit.

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VII. Qu’est-ce qu’un film qui ment ? - 167

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VII. Qu’est-ce qu’un film qui ment ? Il y a longtemps que vous avez rendu inutiles les mensonges, les hésitations qui conduisent à la métamorphose ! Jean Genet (Les Bonnes) Dans la série des étapes qui ont jalonné l’histoire du cinéma, il est courant de distinguer deux écoles, soient « ceux qui croient à l’image » et « ceux qui croient à la réalité ». Dans la première école dit Victor Perkins, [. . .] on trouve la forme la plus rigoureuse du documentaire, qui tente de représenter la vé- rité d’un événement avec le minimum d’intervention humaine entre l’objet réel et l’image filmique » ; [dans l’autre], « se tiennent l’abstraction, le cartoon ou la fantaisie, films représen- tant une vision totalement contrôlée. [. . .] Dès les premières années de l’existence du ci- néma, les polarités étaient fermement établies. Le premier film des frères Lumière représen- tait de courtes « actualités », un train arrivant en gare, un bébé mangeant son petit-déjeuner [. . .] Dès le début, le fait qu’une machine pouvait représenter des situations réelles sous des formes reconnaissables était une sensation suffisante pour drainer l’enthousiasme du public à travers l’Europe et les Etats-Unis. Aussitôt que la magie perdit son attrait, Méliès fut prêt à reprendre pied de manière différente.1 L’histoire du cinéma aurait donc été l’histoire de deux extrêmes, le réalisme et le formalisme, que l’on présente généralement sous les...

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