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Cinéma dans la Tête

L’esthétique du film à la lumière des neurosciences

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Emmanuelle Glon

L’approche cognitiviste proposée dans cette étude vise à inscrire l’expérience que nous avons du film dans le prolongement créatif et ludique de notre activité générale de compréhension du monde et de l’esprit. De ce point de vue, l’image filmique n’est ni un objet de signification langagière, ni une cause de marginalité mentale, mais un vaste champ expérimental où s’élaborent et se révèlent la complexité et la finesse de la mentalisation humaine. Par la variété de ses formes, ses particularités techniques et scéniques ainsi que sa nature mouvante, le film est une subversion de la nature. En lui imposant ses prérogatives, le film permet au cerveau humain d’exploiter sa propre créativité, au-delà de ses propres lois et sans lequel l’expérience esthétique n’aurait jamais pu exister. En associant à la réflexion esthétique les apports explicatifs des neurosciences cognitives, l’analyse de l’expérience du film en général et du cinéma en particulier participe à un tournant dans la réflexion philosophique sur l’esprit.

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Conclusion - 183

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Conclusion L’expérience d’un film apparaît comme un espace d’interactions, à la fois per- ceptif, cognitif, biologique, affectif et social, articulé à un medium pluri-dimen- sionnel, dont le rôle est double : à la fois source d’expérimentation des aptitudes psychiques du spectateur et mode de contrôle infra-personnel. Au niveau perceptif, cette expérience repose sur un ensemble de processus que nous avons définis sous le terme de ressemblance. Conformément à la di- mension plurielle de la perception humaine, le dispositif représentationnel et in- direct de la recognition visuelle serait sous-tendu par un phénomène d’accès di- rect faisant de l’expérience du film, à un niveau primitif, une forme d’illusion perceptuelle, en particulier quand on s’avise que l’apparence du mouvement con- tinu qu’est le mouvement filmique dissimule en réalité l’existence d’une succes- sion d’images fixes que le mécanisme perceptuel humain ne peut distinguer comme telle. Sur un plan général, la perception d’images visuelles aurait pour base un processus simulationniste mobilisant aussi bien le système visuel que le système moteur, et délivrant au spectateur des représentations visuomotrices déclencheuses d’affects. Au niveau supérieur de la cognition, l’interprétation du contenu narratif d’un film, comme d’ailleurs d’un roman, d’un spectacle de danse ou d’une représentation théâtrale, fonctionne en grande partie comme une ré- solution de problème et mobilise un certain nombre de compétences interpréta- tives en partie normatives et coordonnées à l’imagination. L’imagination esth...

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