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De la banlieue stigmatisée à la cité démystifiée

La représentation de la banlieue des grands ensembles dans le cinéma français de 1981 à 2005

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David-Alexandre Wagner

Quelle est l’image des quartiers difficiles au cinéma ? Est-ce la même image, souvent stéréotypée et stigmatisée que celle qu’en donnent généralement les médias ? Les films de banlieue sont-ils aujourd’hui un nouveau genre au sein du cinéma français ? Comment a évolué l’image des personnes principaux, de la famille, des rapports hommes-femmes, ou de la violence et de la religion ? Comment sont abordées les questions d’intégration dans ces films ? Et que nous disent aussi l’usage de la musique, de l’architecture, ou les conditions de production et de réception des films de banlieue ?
C’est par l’analyse novatrice d’un vaste corpus de plus de 40 films, combinant tableaux statistiques et analyses de fond, que l’auteur tente de répondre à ces questions. De Laisse béton à Banlieue 13, en passant par Le Thé au harem d’Archimède, De Bruit et de fureur, La Haine, La Squale ou Ze film, l’auteur fait le pari d’une approche « totale » qui ne se limite pas à quelques films emblématiques.
Il en ressort une image hétérogène et nuancée des cités et de leurs habitants, radicalement différente de celle avancée généralement par les médias d’information, et qui remet à plat un bon nombre de stéréotypes. Par la construction progressive d’un espace cinématographique qui n’est pas (ou plus) le lieu menaçant de l’Autre, ces films invitent, dans un grand élan d’optimisme et de justice, à une réconciliation de la France avec ses banlieues.

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Introduction 11

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Introduction Depuis 1981 et les premières émeutes dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux, dans la région lyonnaise, la banlieue des grands ensembles est devenue un élément incontournable de la société française. Au fil des an- nées, les banlieues seraient devenues l’expression d’un malaise de la so- ciété française dans son ensemble, avec des causes profondes et des racines dans ses valeurs mêmes. C’est une conception que l’on retrouve aussi bien chez des sociologues, des spécialistes de l’urbanisme, ou encore des jour- nalistes. Ainsi, comme le souligne Pierre Merlin : « Le mal des banlieues n’est que le reflet exacerbé, le symptôme le plus voyant, d’une crise beaucoup plus large de cette société elle-même » (Merlin 1998 : 4). Cette conception est aussi présente chez Keith Reader, chercheur anglo-saxon en études fil- miques et françaises, pour qui les banlieues constituent « the concentrated essence of French society’s economic, ethnic and cultural anxieties » (Reader 1995 : 14). Parmi les journalistes, l’idée n’est pas neuve ; les banlieues sont « un bouillon de culture sociale d’où émergent les mutations qui ont tant surpris le reste du pays » (Thomas Sotinel, Le Monde 2/5/2002). Et cette opinion est réaffirmée à l’occasion des émeutes périodiques qui secouent le pays. Ainsi, en octobre 2007, à la suite des troubles dans le quartier de la Tolinette, à Villiers-le-Bel (95), on pouvait lire dans l’édito du journal Le Monde : Les banlieues sont le miroir grossissant et cruel des fractures...

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