Show Less

Cinématismes- La littérature au prisme du cinéma

La littérature au prisme du cinéma

Series:

Edited By Jacqueline Nacache and Jean-Loup Bourget

Dès sa naissance, parallèlement à son évolution technique, artistique et économique, le cinéma se construit, en tant que concept et instrument d’analyse, dans les discours qui accompagnent son développement. Il constitue un filtre qui permet de poser sur le monde un regard neuf et, dans le domaine des arts notamment, éclaire des formes parfois bien antérieures à son invention. Tel est le principe du cinématisme selon S. M. Eisenstein: « Il semble que tous les arts aient à travers les siècles tendu vers le cinéma. Inversement, le cinéma aide à comprendre leurs méthodes ».
Le présent ouvrage, issu d’un colloque tenu à l’Ecole normale supérieure et à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) en décembre 2010, se donne pour objet l’étude des cinématismes entendus comme l’ensemble des moyens d’interprétation fournis par le 7e art. Centrée sur la littérature, cette réflexion interdisciplinaire envisage d’une part la notion de cinématographicité du texte littéraire et ses enjeux théoriques, d’autre part les discours au fil desquels le cinéma est devenu référent, comparaison ou norme. Elle examine enfin les œuvres dans lesquelles se repèrent, sur le plan de l’inspiration comme du style, les indices d’un cinéma réel ou rêvé.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Introduction

Extract

Le cinéma imaginaire Dès la naissance du cinématographe, et tout au long du xxe siècle, les notions, termes et concepts forgés autour du nouveau médium ont été utilisés en dehors de leur champ propre, et ont permis d’observer des objets qui lui étaient soit contemporains, soit antérieurs. Le cinéma, en somme, a très tôt fourni un filtre au travers duquel regarder le monde, selon des lois, des rythmes, des perspectives que l’on ignorait ou croyait ignorer avant lui. Les changements d’échelle et de perception créés par la machine cinématographique font exploser les limites. Nous étions, selon Walter Benjamin, comme emprisonnés dans notre univers, «sans espoir de libération», et le cinéma a fait «sauter cet univers carcéral»: «Grâce au gros plan, c’est l’espace qui s’élargit; grâce au ralenti c’est le mouvement qui prend de nouvelles dimensions».1 Le film, sa vitesse, les chocs du montage, semblent capter idéalement le rythme et le spectacle de la vie moderne, de la grande ville, du train, de l’automobile; symétriquement, toutes sortes de procédés littéraires et artistiques, classiques ou récents, se voient éclairés d’une soudaine lumière par l’analogie cinématographique. Celle-ci est pratiquée si rapidement, parfois avec tant de fièvre, qu’elle paraît combler une attente: de toute évidence, on manquait de quelque chose comme l’enregistrement, la projection et le défilement des images anim...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.