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L’écriture de l’espace dans l’œuvre de Thomas Bernhard et de Paul Nizon

Essai de poétique comparée

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Anne-Sophie Gomez

Ce travail propose de s’interroger sur l’articulation de l’espace à la langue et à l’écriture dans les œuvres de Thomas Bernhard et Paul Nizon. L’objectif d’une telle étude est triple : permettre d’une part d’accroître la visibilité scientifique de Paul Nizon, réévaluer d’autre part le paradigme descriptif afin d’en relativiser l’influence souveraine, et contribuer, en troisième lieu, à la mise au jour d’une esthétique déceptive fondée sur les notions de décalage et de non-congruence (Fehlentsprechen). Cette étude vise à démontrer les vertus d’un rapprochement littéraire qui contribue à l’élaboration d’une poétique voire d’une esthétique comparée de Thomas Bernhard et de Paul Nizon.
A travers une analyse détaillée et microtextuelle des deux œuvres, l’auteure entend montrer que le travail de ces deux écrivains doit être considéré comme une auscultation vigilante de la langue allemande et comme une entreprise de réfection verbale passant notamment par un dépoussiérage lexical d’envergure. Progressivement, l’interrogation littéraire sur l’espace se mue en un questionnement des plus contemporains sur la subversion générique et l’espace littéraire.

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L’écriture de l’espace comme alternative à la défaillance dumodèle représentatif

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L’écriture de l’espace comme alternative à la défaillance du modèle représentatif 323 Chapitre I Un espace moins décrit qu’écrit, moins figuré que verbalement suscité Schon als Adoleszent ahnte ich, daß die sogennante Wirklichkeit nicht in Geschichten zu zapfen, sondern mit Sprache zu erschleichen, zu über- rumpeln, zu erpressen, jedenfalls herzustellen sei. […] Ich bin ein Sprachwanderer, ich laufe den Worten und Sätzen nach [...]. Fabel und Faden interessieren mich nicht, mein Fall ist die Fahrt des Entdeckungs- reisenden […].1 Loin de se limiter aux seuls compléments circonstanciels de lieu ou aux indications toponymiques, l’espace bénéficie le plus souvent de l’attention que les deux écrivains portent à leur langue. À l’inverse du régime d’écriture réaliste, l’espace n’apparaît plus comme le laboratoire privilégié du descriptif, pas plus qu’il n’est investi de l’une des trois fonctions í mathé- sique, mimésique et sémiosique2 í d’ordinaire associées à la «compétence descriptive non-ornementale»3. Nul ne contestera en effet que ni les écrits de Paul Nizon ni ceux de Thomas 1 Paul Nizon: „Das Leben geben“. In: Taubenfraß, p. 71. «Tandis que j’étais encore adolescent, j’avais déjà l’intuition que ce que l’on appelle la réalité ne s’obtient non pas sous forme d’histoires mais grâce à la langue, qui capte cette réalité, la saisit par surprise ou s’en empare de force, la fait en tout cas advenir. […] Je suis un explorateur de la langue, je traque les mots et les phrases....

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