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L’écriture de l’espace dans l’œuvre de Thomas Bernhard et de Paul Nizon

Essai de poétique comparée

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Anne-Sophie Gomez

Ce travail propose de s’interroger sur l’articulation de l’espace à la langue et à l’écriture dans les œuvres de Thomas Bernhard et Paul Nizon. L’objectif d’une telle étude est triple : permettre d’une part d’accroître la visibilité scientifique de Paul Nizon, réévaluer d’autre part le paradigme descriptif afin d’en relativiser l’influence souveraine, et contribuer, en troisième lieu, à la mise au jour d’une esthétique déceptive fondée sur les notions de décalage et de non-congruence (Fehlentsprechen). Cette étude vise à démontrer les vertus d’un rapprochement littéraire qui contribue à l’élaboration d’une poétique voire d’une esthétique comparée de Thomas Bernhard et de Paul Nizon.
A travers une analyse détaillée et microtextuelle des deux œuvres, l’auteure entend montrer que le travail de ces deux écrivains doit être considéré comme une auscultation vigilante de la langue allemande et comme une entreprise de réfection verbale passant notamment par un dépoussiérage lexical d’envergure. Progressivement, l’interrogation littéraire sur l’espace se mue en un questionnement des plus contemporains sur la subversion générique et l’espace littéraire.

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Conclusion 409

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409 Conclusion En débutant l’écriture de ce travail, notre projet était de mettre en lumière, dans l’œuvre de chacun des deux auteurs étudiés, la place centrale accordée à la langue. Nous souhaitions aussi ac- croître la visibilité de l’œuvre de Paul Nizon, écrivain souvent cantonné à des problématiques littéraires qu’il convient – sans toutefois en contester l’intérêt í de dépasser afin d’aborder d’un œil neuf une œuvre si profondément singulière. Aussi espérons- nous avoir ouvert la voie, grâce à ce travail, à une diversifica- tion des perspectives d’analyse de l’œuvre nizonienne. La mise en évidence de la dilatation verbale de l’espace, de même que les passages consacrés au travail d’auscultation lexicale opéré par l’auteur ménagent en effet une certaine ouverture vers une approche traductologique élargie de l’œuvre. À celle-ci devrait, dans le sillage de l’article de Jacques Le Rider1 et stimulée par la parution d’un ouvrage de Michel Braud consacré à la théori- sation de la pratique diariste2, s’ajouter une étude plus appro- fondie des différents tomes du Journal de l’écrivain. L’un des enjeux de ce travail était, d’autre part, de substituer aux approches de l’espace narratologiques ou sémiotisantes une analyse spécifiquement poétique: notre souci était en effet de 1 LE RIDER, Jacques: «De l’illusion à l’œuvre: le travail du journal intime de Kafka à Goethe et Paul Nizon». In: MONTANDON, Alain: De soi à soi. L’Ecriture comme autohospitalité (2004)...

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