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Entre linguistique et littérature

Edited By Marisa Verna and Joelle Tamine

Le volume constitue les actes d'une journée d'étude organisée en 2011 à l'université de Paris-Sorbonne en hommage à Sergio Cigada (1933-2010). Suivant sa méthode analytique, qui est une véritable redéfinition en acte de la philologie, après les deux textes introductifs dus à Joëlle Gardes Tamine et à Marisa Verna, les auteurs des contributions s'intéressent aux questions « linguistiques », au sens large, issues du texte littéraire.
Ils ont fouillé de préférence le corpus de prédilection de Sergio Cigada : Charles Baudelaire, Rimbaud et les auteurs du Symbolisme (Jean Lorrain). Mais, en témoignage d'une méthode fructueuse, qui du détail s'ouvre à une perspective plus vaste, la poésie du XX e siècle est loin d'être négligée (Saint-John Perse).
La critique littéraire ici proposée est donc fondée sur des faits de langue : une herméneutique ouverte, qui nécessite de la collaboration entre linguistique et littérature.

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Maria Benedetta Collini, « Les soeurs de charité », une réécriture rimbaldienne de la pensée de Baudelaire ? 93

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MARIA BENEDETTA COLLINI « Les sœurs de charité », une réécriture rimbaldienne de la pensée de Baudelaire ? Sergio Cigada, dont nous regrettons tous la gentillesse et la disponibilité, a affirmé dans plusieurs articles, avec la profondeur d’analyse qui lui est habituelle, que la vision du monde de Rimbaud dérive sans intermédiaires de la Weltanschauung baudelairienne1. Le poème « Les sœurs de charité »2 peut porter une ultérieure confir- mation, si besoin il y avait, de la compréhension et assimilation, de la part de Rimbaud, de la conception métaphysique du poète des Fleurs du mal : dans ce texte, la filiation entre les deux poètes ne se borne pas, me semble-t-il, à des emprunts thématiques ou stylistiques, mais, bien plus en profondeur, elle embrasse la conception du rôle de l’homme (et du poète) dans ce monde. « Les sœurs de charité » occupe une place mineure au sein de la critique rimbaldienne, et les jugements qu’on en donne sont d’habitude plutôt réservés : les commentaires du poème dans les nombreuses éditions des Œuvres, lorsqu’ils sont présents3, répètent les mêmes clichés : « Les sœurs de charité » serait une composition foncièrement misogyne, en contraste avec le souffle féministe de la Lettre du voyant, car écrite à la suite d’une cuisante déception amoureuse ; Suzanne Bernard affirme même qu’il s’agit d’une « pièce 1 S. Cigada, « Rimbaud de la Lettre du voyant au Bateau ivre...

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