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De Hegel à Sartre

Pour une pratique de la raison critique

Christa Geitner

Que serait aujourd’hui une philosophie vivante, quel rapport entretiendrait-elle avec son héritage ? Ce ne peut être qu’un rapport complexe, puisque l’héritage doit assurément être conservé, mais qu’il doit aussi être transposé. Tel est ce qui a lieu, de manière exemplaire, dans la philosophie de Sartre, où s’élabore une raison critique soucieuse de son insertion dans l’histoire. Après avoir proposé, dans les premiers chapitres, une libre réflexion sur les exigences qui s’imposent aujourd’hui à la pensée, le présent ouvrage s’attache plus particulièrement à la « reprise » de Hegel par Sartre : il s’emploie à dégager tout ce que le second doit au premier, mais aussi ce qu’il en refuse, et les déplacements (salutaires) qu’il effectue.

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Chapitre I – Un cas signifiant de la recherche philosophique : la paix se laisse-t-elle définir ? -13

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13 Chapitre I Un cas signifiant de la recherche philosophique : la paix se laisse-t-elle définir ? 1. La paix qu’on croit conquise semble très diverse, circonstancielle. Aux origines, le mythe, la paix des dieux (Hésiode : « le Ciel, assise sûre à jamais » ; la Bible : Dieu créa la terre, « il vit que cela était bon »). Mais surgit « Chronos aux pensées fourbes », ou le péché d’origine. Le mythe final voit le triomphe des dieux, de Dieu, mais aussi le terrible Jugement dernier, division ultime d’un monde non réconcilié. L’Histoire : la paix y est cruellement double. Avec Piero della Fran- cesca, « La victoire de Constantin » et des chrétiens ; avec Vélasquez qui en reprend le thème, « La reddition de Breda », la remise au vainqueur des clés de la ville à merci, devant une forêt de lances. Dans l’âme chrétienne le déchirement : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive ». Y a-t-il alors une pensée de la paix autre que la continuation de la guerre « par d’autres moyens » ? Kant dialectise le progrès, dépasse- ment d’antagonismes. On pourrait aussi penser la paix selon une « dia- lectique négative », non identitaire. Pas de synthèse théorique, la paix, inadéquate aux luttes effectives, est une pensée nécessaire, pratique mais sans concept, utopie sans description, tension permanente entre le dés- ordre et l’exigence de l’esprit, décision cédant la place au combat néces- saire...

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