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De Hegel à Sartre

Pour une pratique de la raison critique

Christa Geitner

Que serait aujourd’hui une philosophie vivante, quel rapport entretiendrait-elle avec son héritage ? Ce ne peut être qu’un rapport complexe, puisque l’héritage doit assurément être conservé, mais qu’il doit aussi être transposé. Tel est ce qui a lieu, de manière exemplaire, dans la philosophie de Sartre, où s’élabore une raison critique soucieuse de son insertion dans l’histoire. Après avoir proposé, dans les premiers chapitres, une libre réflexion sur les exigences qui s’imposent aujourd’hui à la pensée, le présent ouvrage s’attache plus particulièrement à la « reprise » de Hegel par Sartre : il s’emploie à dégager tout ce que le second doit au premier, mais aussi ce qu’il en refuse, et les déplacements (salutaires) qu’il effectue.

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Chapitre III – Le vrai a-t-il une Histoire ? Peut-il se définir encore « adaequatio rei et intellectus » ? -65

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65 Chapitre III Le vrai a-t-il une Histoire ? Peut-il se définir encore « adaequatio rei et intellectus » ? 1. Le vrai est-il une règle absolue, invariable du monde total ? Ne l’est-il pas plutôt de notre pensée ou encore de notre pratique ? Son Histoire, s’il en a une, paraît tourmentée. N’est-ce pas toujours par le fait d’une façon de vivre nouvelle qui le bouleverse ? Elle semble en effet s’être inversée, à travers le temps par rapport aux pratiques réfléchies qui se sont impo- sées. Le préjugé favorable à une théorie pure, immuable, d’où décou- leraient des pratiques qu’elle devrait commander s’est transformé. Le vrai n’est-il pas plutôt pour la pratique ce qui rend efficace notre action présente ? Pratique et théorie ont dû être pensées selon de nouveaux rapports. En particulier la mise à l’écart de la raison pratique politique en ce qui « ce qui touche le public », nécessaire selon Descartes, pouvait-elle être autre que circonstancielle ? La pratique paraît avoir dialectisé la théorie de telle façon que le changement de l’un des deux termes transforme l’autre, peut en changer le sens. Sartre, né en 1905, en donna l’exemple dans ses Carnets de la drôle de guerre.1 Il dit qu’il renonce, en 1940, au personnage qu’il s’était fait et cela au contact de ses « camarades », tous soldats dans cette guerre (immobile) qui se prolongeait. Se découvrant jusqu’alors « solidaire de rien », ce...

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