Show Less

Prendre la parole en L2

Regard sur la compétence d’interaction en classe de langue

Series:

Evelyne Berger

Par quels moyens parvient-on à prendre la parole et à rebondir sur les propos d’autrui ? Comment peut-on obtenir et garder l’attention des autres participants dans un échange compétitif ? Comment manifeste-t-on une opinion divergente face à son interlocuteur ? Participer à une conversation requiert de prendre la parole au bon moment, tout en enchaînant de façon cohérente sur le fil de la discussion. Cet ouvrage examine ce phénomène auprès d’apprenants de langue seconde dans le contexte du travail en groupe. La recherche se base sur un corpus d’interactions authentiques enregistrées en classe de français L2, à l’école secondaire obligatoire en Suisse. Elle identifie les ressources linguistiques, prosodiques et non-verbales servant à la prise de parole. Les pratiques décrites témoignent d’une compétence d’interaction en développement. L’ouvrage offre également un tableau détaillé des modalités d’interaction du travail en groupe. Il interroge ainsi les opportunités de participation et d’apprentissage de la L2 qu’offre ce dispositif pédagogique.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

6 Réviser et poursuivre un discours

Extract

117 6. Réviser et poursuivre un discours 6.1 Formes d’expansion dans la conversation ordinaire Continuer sur des propos antérieurs est un phénomène omniprésent dans les interactions verbales. Il en va de même avec le présent corpus : les tâches pédagogiques donnent lieu  à de nombreuses séquences descriptives, portant par exemple sur un itinéraire, un emplacement géographique ou encore une habitude de consommation. Soit ces des- criptions sont menées par un participant seul, soit elles sont élaborées de manière collaborative. Dans ce contexte, il est très fréquent de trou- ver des mouvements expansifs. Dans ce cas, le tour de parole ne consti- tue pas un nouveau projet communicatif à proprement parler, mais se présente comme prolongeant un projet antérieur qu’il complète ou qu’il spécifie. La multiplicité des pratiques mises à jour par les travaux en lin- guistique interactionnelle et le foisonnement terminologique qui en émane suggèrent que l’expansion peut se matérialiser sous des formes variées et opérer à différents niveaux d’organisation du discours  : au niveau de l’enchaînement des tours de parole, mais aussi de l’organisa- tion des séquences d’action et des activités. Schegloff (1996) observe que la continuation d’un tour peut être accomplie soit par l’addition de nouveaux TCU – donnant ainsi lieu à un tour multi-unité –, soit par l’extension d’un TCU ayant atteint un point de complétion possible. L’expansion n’indique pas seulement que du matériel est...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.