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Le passé des Khmers

Langues, textes, rites

Edited By Nasir Abdoul-Carime, Grégory Mikaelian and Joseph Thach

Ce livre offre les premiers résultats d’une enquête sur les pratiques et les représentations du passé chez les Khmers. Elle s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire collective qui fait le choix d’un pas de côté, à distance de l’historiographie récente traitant de cette question à l’intérieur d’une chronologie très restreinte, couvrant les 40 ans qui nous séparent du régime khmer rouge. Ici comme ailleurs, considérer les phénomènes de la vie sociale pour leur seule contemporanéité ou ériger les événements contemporains comme fondateurs à l’exclusion des autres ne permet guère une pleine compréhension du fonctionnement de la mémoire collective. Il n’est sans doute pas de problème plus complexe que celui du rapport qu’entretient, sur la durée, une société à son passé. À commencer par celui des mots qu’elle se choisit pour le dire et qui le déterminent en partie. Ceux que les auteurs ont tirés de la langue des locuteurs, des textes historiques et de l’exercice des rites suggèrent d’autres chemins à frayer. Une dizaine d’articles de linguistes, d’historiens et d’ethnologues nous invitent ici à les parcourir, en regard des expériences du passé propres aux mondes indien et européen.

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Grégory Mikaelian: Le passé entre mémoire d’Angkor et déni de Laṅvaek : la conscience de l’histoire dans le royaume khmer du XVIIe siècle

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GréGory mikaeliaN* Le passé entre mémoire d’Angkor et déni de Laṅvaek : la conscience de l’histoire dans le royaume khmer du XVIIe siècle Lorsque les Français prirent en main le destin du royaume khmer dans le dernier tiers du XIXe siècle, des Cambodgiens de toutes conditions firent état d’une irréfragable conscience du passé. Elle se manifestait par le sen- timent d’une césure tragique survenue au tournant du XVIe siècle, lorsque la grande capitale Laṅvaek fut assaillie, puis occupée par le roi du Siam en janvier 15941. Sans, bien sûr, de date exprimée dans le calendrier julien, ni même, souvent, dans les calendriers en vigueur au Cambodge, sans toujours les noms des protagonistes, formulée diversement selon les contextes d’énon- ciations, cette histoire éthérifiée, hors d’un cadre chronologique précis mais dialectiquement construite sur un schème logique implacable leur fut re- latée dans les termes suivants : depuis la chute de Laṅvaek et la perte des traités traditionnels entreposés dans le ventre de la vache sacrée (braḥ go), capturée à cette occasion par les Siamois en même temps que son frère le Buddha d’émeraude (braḥ kaev), les Cambodgiens étaient tombés dans une période de décadence caractérisée par des invasions étrangères et par * Chargé de recherche au Centre Asie du Sud- Est (UMR 8170, CNRS / EHESS), membre du Projet Ca...

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