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Corps écrit, corps écrivant

Le corps féminin dans les littératures francophones des Amériques

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Edited By Christine K. Duff and Claudia Labrosse

Cet ouvrage vise à cerner la place qu’occupe le corps féminin dans la production littéraire francophone des Amériques et des Caraïbes en invitant chacun(e) de ses auteur(e)s à s’interroger sur le topos que constitue la chair féminine dans l’écriture fictionnelle. Il est clair que le corps, pour les femmes, est bien un lieu à partir duquel écrire, mais en lui s’inscrivent aussi les enjeux d’une société, d’une culture et d’une poétique. L’écriture du corps féminin, qu’elle définisse la position d’un sujet-corps dans la narration ou l’ensemble de ses représentations textuelles, se transforme-t-elle en fonction de variables comme l’emplacement géographique, la période historique, le cadre socio-culturel (pouvant être marqué par l’expérience de l’esclavagisme dans les Caraïbes ou encore la répression de l’Église catholique dans le contexte canadien français) ? Conserve-t-elle, en dépit de tout, des éléments communs ? Voici les questions auxquelles il devient possible de répondre à la lecture des douze articles colligés dans ce collectif réunissant des chercheur(e)s d’origines diverses.
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La quête de beauté dans les romans québécois : survivance et déconstruction du corps-objet féminin

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Claudia LABROSSE

Considéré comme un instrument de libération par les tenants du « corporéisme »1 et les écrivaines féministes, le corps semble s’être façonné un nouveau destin en Occident au tournant des années 1970. Au Québec, d’une entité « dangereuse » et suspecte aux yeux de la tradition catholique jusque-là toute-puissante, il est devenu, sous le souffle de la Révolution tranquille, un acteur libre de s’exprimer par l’entremise de sa sexualité et de ses désirs. Dans les œuvres littéraires féministes de l’époque, le plaisir féminin, les menstruations, la maternité ont occupé une place de choix parmi les thèmes retenus, rendant la chair des femmes visible dans sa réalité, dans sa normalité. Non plus problématique en soi, le corps féminin se voyait réintégré à la notion d’une identité pleine et entière, une identité à la fois charnelle et spirituelle. Oui, l’on parlait du corps pour affirmer sa libération et partant, la libération des femmes. Mais l’on parle toujours du corps féminin… Est-ce à dire que l’on proclame encore sa liberté ? Et celle des femmes ?

L’inflation des discours tenus sur le corps au cours des trente dernières années montre peut-être que la chair féminine (mais celle des hommes n’est pas en reste) est moins affranchie qu’elle n’y paraît ou qu’on ne l’a d’abord souhaité. Cette hypothèse dérange, mais qui peut encore...

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