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Pratiques et représentations sociales des langues en contexte scolaire plurilingue

Étude comparée de la Dominique et de Sainte-Lucie

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Stella Cambrone-Lasnes

Dans quelle mesure une étude comparée des pratiques et représentations des langues chez des acteurs scolaires (enseignants, élèves, parents d’élèves et représentants institutionnels) permet-elle d’identifier les facteurs relatifs à l’introduction ou non à l’école de la langue dite nationale – le créole à base lexicale française ? À quel point est-il pertinent de l’introduire dans le système éducatif anglophone de petits États-nations en développement comme la Dominique et Sainte-Lucie – caractérisés par une dynamique sociale et culturelle où conflit et contact de langues (anglais, créoles, chinois, français, espagnol, hindi, garifuna et/ou kokoy) rythment la vie quotidienne des locuteurs ? Comment l’école peut-elle favoriser un meilleur apprentissage du vivre ensemble ? Pour mener à bien cette recherche-action, l’étude s’inscrit dans une approche expérimentale de type hypothético-déductive. Elle propose des pistes de réflexion pour améliorer le partenariat langue officielle / langue nationale dans un contexte scolaire caractérisé par des pratiques bi-plurilingues.
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Indroduction

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Introduction

Il s’agira d’une île… Il s’agira d’un peuple… Il s’agira d’une langue… Et de leurs destins mêlés. Sache d’emblée, lecteur d’ailleurs, et rappelle-toi, lecteur de céans, qu’ici-là, de ce côté-ci de l’Atlantique, s’épelle une manière de langage qui, depuis le temps de l’antan, se cache sous la flamboyance du français pour héler sa propre vérité. (Confiant, 2006 : 15)

Etudier le langage2 dans son contexte social et culturel est le propre même du sociolinguiste qui s’efforce de corréler deux objets distincts : langue et société. En effet, la sociolinguistique étudie le langage en prenant en considération des facteurs externes à la langue (Calvet, 2011 ; Zarate, Lévy et Kramsch, 2008 ; Labov, 2001) et non en considérant uniquement les structures linguistiques internes (Angermuller, 2013 ; Hjelmslev, 1966 ; Saussure, 1916) qui appréhendent la langue comme un système dans lequel chacun des éléments n’est définissable que par les relations d’équivalence ou d’opposition qu’il entretient avec les autres. L’enquête sociolinguistique prend donc en compte un large éventail de composants sociaux dont les plus courants sont l’âge, le sexe, la classe sociale ou encore la catégorie socio-professionnelle (Detey et al., 2010 ; Heller, 2011, 2007, 1995).

L’extrait ci-dessus de l’écrivain martiniquais, Raphaël Confiant (2006 : 15), illustre parfaitement les similitudes et les différences pouvant exister entre les contextes dominiquais et saint-lucien. Ces deux ← 1 | 2 → territoires sont...

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