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Sémiotique du mouvement

Du geste à la parole

Sylvie Freyermuth, Dominique Keller and Jean-François Bonnot

Le geste ne peut être considéré en lui-même et pour lui-même qu’en se plaçant dans une perspective restrictive. En effet, le mouvement volontaire s’inscrit dans une action, et dans tous les cas, il est tributaire d’un contexte. Le mouvement est bien ce qui permet d’accéder au monde : ne dit-on pas de certains malades, pourtant conscients, qu’ils « sont murés en eux-mêmes », signifiant ainsi que le rôle de passeur de sens du mouvement est à jamais perdu ? L’une des difficultés majeures dans les tentatives d’harmonisation entre domaines provient du fait qu’il est délicat de faire coïncider les données provenant des champs neurophysiologique et biologique avec celles issues de modèles linguistiques. C’est pourquoi nous avons demandé à des chercheurs appartenant à diverses disciplines (philosophie, psychologie expérimentale, sociologie, linguistique et phonétique) d’illustrer la notion de « sémiotique du mouvement ». Un premier volet s’attache à préciser les enjeux théoriques du mouvement, de sa conception à sa représentation et à sa réalisation, d’une manière générale et dans ses rapports à la vision et à la parole. La deuxième et la troisième section apportent des éclairages plus spécifiques en focalisant le propos sur les aspects linguistiques.
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Chapitre I: L’auto-constitution du corps agissant

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L’AUTO-CONSTITUTION DU CORPS AGISSANT

Jean-Luc Petit

On prendra appui sur une description phénoménologique de l’expérience subjective du corps agissant dans le monde perçu. Pour montrer que cette approche qui se veut immanente, empathique et holistique, diffère d’une science positive, il est commode de la comparer, en un premier temps, avec les procédés d’enregistrement et d’analyse d’Étienne-Jules Marey : la chronographie et la chronophotographie, procédés que celui-ci appliquait à la réalisation d’une objectivation directe de la mécanique du corps en mouvement. Aujourd’hui, cependant, les neurosciences, ayant dépassé ce stade d’une représentation du mouvement du corps éclaté et immobilisé en une série d’instantanés et accédant aux corrélats cérébraux de l’intention motrice source de ce mouvement, leurs puissants procédés d’imagerie cérébrale vont bientôt nous restituer « en temps réel » le cinéma mental du sujet en acte. Pour autant, tous les mystères sont-ils éclaircis de cet « engagement corporel dans l’espace » qui fait la différence entre l’expérience subjective du « se mouvoir » d’un agent incarné et la translation locale d’un corps physique dans un espace métrique euclidien, espace de représentation d’ailleurs indifférent, pourvu qu’il soit muni d’un repère orthonormé cartésien ? Une revue des données neurophysiologiques sur les multiples espaces du corps, uni ou plurimodaux, et leurs variations induites par l’usage normal ou anormal...

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