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Sémiotique du mouvement

Du geste à la parole

Edited By Sylvie Freyermuth, Dominique Keller and Jean-François Bonnot

Le geste ne peut être considéré en lui-même et pour lui-même qu’en se plaçant dans une perspective restrictive. En effet, le mouvement volontaire s’inscrit dans une action, et dans tous les cas, il est tributaire d’un contexte. Le mouvement est bien ce qui permet d’accéder au monde : ne dit-on pas de certains malades, pourtant conscients, qu’ils « sont murés en eux-mêmes », signifiant ainsi que le rôle de passeur de sens du mouvement est à jamais perdu ? L’une des difficultés majeures dans les tentatives d’harmonisation entre domaines provient du fait qu’il est délicat de faire coïncider les données provenant des champs neurophysiologique et biologique avec celles issues de modèles linguistiques. C’est pourquoi nous avons demandé à des chercheurs appartenant à diverses disciplines (philosophie, psychologie expérimentale, sociologie, linguistique et phonétique) d’illustrer la notion de « sémiotique du mouvement ». Un premier volet s’attache à préciser les enjeux théoriques du mouvement, de sa conception à sa représentation et à sa réalisation, d’une manière générale et dans ses rapports à la vision et à la parole. La deuxième et la troisième section apportent des éclairages plus spécifiques en focalisant le propos sur les aspects linguistiques.
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Chapitre VIII: Un glide en mouvement : Le [ ʎ ] est mort. Vive le / ʎ / !

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UN GLIDE EN MOUVEMENT : LE [ ʎ ] EST MORT. VIVE LE / ʎ / !1

Jacob J. Spa

Parmi les sons du français figure la semi-voyelle /j/ – appelé souvent yod par les phonéticiens français – dont certains spécimens sont supprimés (a) quand ils sont suivis d’un schwa ou (b) quand ils se trouvent à la fin du mot. D’autres yods se maintiennent dans les deux environnements mentionnés. Il semble dès lors que le français comporte deux yods différents, que l’on pourrait appeler /j¹/ et /j²/, à la manière des comparatistes. Cependant, quand on examine de plus près un troisième environnement dans lequel figure /j²/ il y a un parallélisme frappant entre le comportement de ce dernier son et celui des consonnes liquides du français. On pourrait donc dire que /j²/ est une sorte de liquide palatale ou palatalisée. Laquelle? S’appuyant sur Ruhlen (1976), il est possible de formuler, concernant les liquides palatales et palatalisées, des universaux implicationnels du même genre que ceux qui se trouvent dans Bell (1978). Si l’on admet que /j²/ est en réalité un /ʎ/ et non une des autres liquides palatales ou palatalisées trouvées dans Ruhlen (1976), les universaux implicationnels qu’on a pu formuler à propos des liquides palatales ou palatalisées s’appliquent pratiquement sans exception. Évidemment, la phonologie diachronique nous a appris qu’aux alentours du 18e...

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