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Judaïsme et christianisme dans les commentaires patristiques des Psaumes

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Edited By Marie-Anne Vannier

Cet ouvrage renouvelle les études relatives aux commentaires patristiques des Psaumes, en prenant en compte l’apport du Judaïsme que les Pères connaissaient et qui marque leur interprétation du texte biblique, ne serait-ce que par le texte de la Septante qui sert de référence aux Pères grecs. Alors que l’on parle souvent de l’antijudaïsme des Pères de l’Église, les commentaires de l’Écriture qu’ils ont proposés, et en particulier ceux des Psaumes, montrent, au contraire, à quel point les Pères étaient marqués par le Judaïsme, dans leurs méthodes d’exégèse. Sans doute les Psaumes sont-ils davantage encore l’héritage commun du Judaïsme et du christianisme, comme l’a compris Augustin, qui entend, dans les Psaumes d’Asaph, la voix de la synagogue. Il n’en demeure pas moins que cet héritage commun permet une synergie entre les deux communautés, comme en témoigne, de manière éloquente, Maxime le Confesseur dans son Commentaire du Psaume 136, en dépit des différences d’interprétation qui existent.
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Une relecture du drame de la déportation de Babylone selon le Psaume 136 chez Jean Chrysostome et Augustin

← 126 | 127 →GÉRARD RÉMY

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Selon la critique, ce psaume 136 se distinguerait des autres par sa tonalité propre ; c’est une raison de surcroît pour porter attention à l’interprétation et au traitement que lui a réservés la tradition chrétienne. Deux modèles lui seront empruntés et comparés, l’un, sera pris dans la patristique grecque avec Jean Chrysostome, l’autre dans le patrimoine latin avec Augustin, commentateur de la totalité du psautier. Ce travail voudrait dégager les marques de convergence et de diversité de leur méthode et de leurs objectifs. À la sobriété de Chrysostome répondra l’exubérance d’un Augustin particulièrement à l’aise dans un thème aussi familier que celui des cités de Babylone et de Jérusalem qui s’offre à lui. Mais au préalable il convient d’évaluer la densité de sentiments dont ce psaume, d’étendue limitée, fut chargé par le milieu juif qui lui a donné naissance1.

L’intense émotion qui émane de ce psaume doit son motif à la déportation du peuple juif en terre lointaine, à son déracinement du sol ancestral pour un transfert forcé en pays inhospitalier. Le psaume doit probablement son origine à un rassemblement des exilés exprimant, par leur prière chantée, leur complainte causée par leur expatriation et la destruction de Jérusalem. Cette souffrance profonde évite les accents pathétiques, leur préférant une ← 127 | 128 →évocation dépouillée qui allie, contre nature, le pittoresque d’un paysage arrosé de fleuves,...

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