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Le français en diachronie

Nouveaux objets et méthodes

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Edited By Anne Carlier, Michèle Goyens and Béatrice Lamiroy

Ce recueil met en lumière quelques axes novateurs dans la recherche actuelle sur la diachronie du français, présentés lors de la sixième édition du colloque international Diachro, qui s’est tenue à Leuven en octobre 2012. Le premier axe, méthodologique, a trait à la valeur heuristique de la traduction. Les textes traduits constituent en effet des sources privilégiées pour étudier le changement linguistique, surtout si la langue du texte cible constitue une étape évolutive ultérieure de la langue du texte source, comme c’est le cas de textes latins traduits en français à différents moments de l’histoire. Ils permettent de saisir sur le vif les changements du latin au français, ayant provoqué l’émergence d’un nouveau système linguistique.
Un second axe de recherche concerne la diachronie récente. L’approche historique étant souvent associée à l’étude de la langue médiévale et (pré-)classique, la période récente a été peu explorée dans cette perspective. Plusieurs contributions dans ce volume mettent en évidence tout l’intérêt que peut présenter la recherche sur la langue des 18 e et 19 e siècles. Un dernier volet de ce recueil apporte un nouvel éclairage sur des sujets de morphosyntaxe déjà plus largement débattus tels l’ordre des mots, la subordination, les temps verbaux et les démonstratifs.
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La traduction comme outil d’analyse des étapes antérieures de la langue, illustrée par les traductions de Jean d’Antioche et de Jean Calvin

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LENE SCHØSLER

Introduction

La présente étude propose de combiner, en les approfondissant, un nombre de recherches (Schøsler 2003, 2006a,b, 2007, 2008a,b, Schøsler & Skovgaard-Hansen 2007) qui se basent sur des traductions du latin vers le français. Ma motivation pour procéder à l’analyse comparée de traductions est fondée sur le constat que le latin et le français se distinguent par un certain nombre de points typologiques bien connus qui se manifestent entre autres dans des différences fondamentales dans l’organisation des syntagmes nominaux et verbaux. Devant ces différences typologiques entre la langue source et la langue cible, un traducteur est contraint à des choix délicats entre deux attitudes extrêmes : 1) soit se laisser influencer par la langue de son original latin, langue de prestige et qui, dans le cas des traducteurs francophones du Moyen Âge et de la Renaissance, est aussi la langue de la scolarisation et de la communication savante du traducteur ; 2) soit chercher à se conformer à la structure de la langue cible, donc du français, qui, à ce moment de l’histoire, n’est pas une langue enseignée – contrairement au latin. À ce propos, j’aimerais rappeler à la mémoire les remarques de Dolet (de 1540) sur l’activité de la traduction (1a) et sur la nécessité de ne pas mélanger les langues (1b) :

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