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Monnaie et citoyenneté

Les citoyens à l’épreuve de la globalisation financière

Virgile Perret

La monnaie n’est-elle qu’un instrument au service de l’économie ou joue-t-elle un rôle dans la définition des relations entre les membres d’une communauté politique ? Située au carrefour des Etats et des marchés, des sphères publiques et privées, la monnaie est un phénomène complexe qui semble bien éloigné de la vie des citoyens. Or, cet ouvrage montre que la monnaie contribue non seulement à la construction de la souveraineté politique, mais aussi à la reconnaissance de droits aux citoyens et au renforcement de la cohésion sociale. A partir d’une approche qui combine les apports de l’économie politique internationale et de l’école de la régulation, il analyse le rôle de la monnaie dans le contexte du système monétaire de Bretton Woods (1944) et de sa transformation avec le développement de la globalisation financière depuis les années 1970. Si la monnaie a été mise au service d’un principe de protection des droits sociaux contre les pressions financières après la Seconde guerre mondiale, elle contribue aujourd’hui à transformer en profondeur la solidarité sociale et le rôle des citoyens face à la gestion de leur avenir économique.
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4. La globalisation financière : origines, essor et conséquences sur l’Etat social

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4. La globalisation financière : origines, essor et conséquences sur l’Etat social

L’ordre financier global actuel n’est pas le résultat d’une nouvelle conférence internationale équivalente à celle de Bretton Woods. Le processus de libéralisation financière n’a pas suivi une logique coopérative aboutissant à l’élaboration d’un régime international, mais il est le résultat des stratégies unilatérales des Etats qui, par surenchère et effets d’engrenage, ont fait converger l’économie internationale vers l’ouverture financière. Cette dynamique contraste avec celle du secteur commercial où les bénéfices de la libéralisation (l’accès aux marchés) ne peuvent pas être atteints sans la collaboration des autres Etats, ce qui confère aux problèmes classiques de l’action collective (dilemme du prisonnier, comportements resquilleurs) une saillance relativement forte par rapport aux efforts internationaux de réduction des barrières tarifaires. En revanche, dans le secteur financier, le bénéfice principal de la libéralisation (l’attraction du capital international et des entreprises transnationales) a pu être obtenu à travers des politiques unilatérales de libéralisation et de « dérégulation ».

Cette dynamique politique de la globalisation financière ne doit pas être sous-estimée, mais elle ne doit pas non plus conduire à éluder les pressions financières transnationales qui s’exercent en retour sur les Etats et qui n’ont cessé de se renforcer dans les phases récentes de la globalisation financière. Depuis les années 1980, les...

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