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Voir l’habit

Discours et images du vêtement du Moyen Âge au XVII e siècle

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Edited By Danièle Duport and Pascale Mounier

Les écrivains et les artistes du Moyen Âge et de l’âge moderne font souvent référence à la manière de se vêtir. Ils envisagent le vêtement du point de vue de son apparence – comme objet référentiel – ou comme un signe vers autre chose – vers un second élément, concret ou abstrait.
Le présent volume propose une série d’enquêtes sur la poétique du vêtement élaborée du XIII e siècle au XVII e siècle, issues d’un colloque organisé à Caen en mars 2014. Il analyse la représentation de l’ensemble de la tenue, c’est-à-dire du vêtement en soi, des attributs et des accessoires qui fonctionnent métonymiquement avec lui, à partir du double discours tenu : celui sur « l’habit » – nous dirions aujourd’hui plutôt « les habits » – et celui de l’habit. Il montre que le plus souvent les deux types de visions se croisent dans les textes et dans les images produits. La variété des angles d’attaque des analyses rassemblées permet le repérage d’éléments de convergence entre les deux grands genres de représentation envisagés – verbal et plastique – ainsi que l’appréciation de la spécificité de chacun d’eux.
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« Ce bonnet qu’ils ont accru jusqu’à ne plus pouvoir le mettre sur leur tête » (Saint -Simon)

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MARINE ROUSSILLON

Groupe de Recherches Interdisciplinaire sur l’Histoire du Littéraire, ANR Agôn

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Le duc de Saint-Simon consacre un long passage de ses Mémoires pour l’année 1714 à faire l’histoire des conflits de pouvoir qui opposent les ducs et pairs de France et les présidents du Parlement de Paris. Le dernier de ces conflits et celui auquel Saint-Simon accorde le plus d’importance est une querelle de préséance qu’il appelle « l’affaire du bonnet »1. Le nom même donné à l’affaire par Saint-Simon et après lui par les historiens qui s’y sont intéressés signale l’importance accordée à l’habit dans la querelle. Un élément du costume des présidents – le bonnet ou mortier dont ils étaient coiffés – devient le signe du pouvoir mis en jeu, revendiqué et contesté dans la querelle. Est-ce à dire que l’affaire qui a occupé la cour entre 1714 et 1716 et donné lieu à la publication de nombreux textes n’était qu’une futilité ? C’est plutôt la manifestation d’un lien étroit entre l’habit – et à travers lui tout ce qui relève de la présentation de soi2 – et le pouvoir. Avant d’en venir au bonnet des présidents, un détour par une paire de bottes nous aidera à saisir ce qui peut faire de l’habit le signe, voire l’instrument, d’un pouvoir.

À la mort d’un...

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