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Voir l’habit

Discours et images du vêtement du Moyen Âge au XVII e siècle

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Edited By Danièle Duport and Pascale Mounier

Les écrivains et les artistes du Moyen Âge et de l’âge moderne font souvent référence à la manière de se vêtir. Ils envisagent le vêtement du point de vue de son apparence – comme objet référentiel – ou comme un signe vers autre chose – vers un second élément, concret ou abstrait.
Le présent volume propose une série d’enquêtes sur la poétique du vêtement élaborée du XIII e siècle au XVII e siècle, issues d’un colloque organisé à Caen en mars 2014. Il analyse la représentation de l’ensemble de la tenue, c’est-à-dire du vêtement en soi, des attributs et des accessoires qui fonctionnent métonymiquement avec lui, à partir du double discours tenu : celui sur « l’habit » – nous dirions aujourd’hui plutôt « les habits » – et celui de l’habit. Il montre que le plus souvent les deux types de visions se croisent dans les textes et dans les images produits. La variété des angles d’attaque des analyses rassemblées permet le repérage d’éléments de convergence entre les deux grands genres de représentation envisagés – verbal et plastique – ainsi que l’appréciation de la spécificité de chacun d’eux.
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Ce que se vêtir veut dire dans Le Livre du duc des vrais amants

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Dans la bibliographie critique fort abondante concernant Christine de Pizan rien, ou presque rien, n’a été écrit au sujet des vêtements, de leur description et de leur sens dans les textes1. Ce n’est pas une donnée absente dans l’œuvre de cet auteur, bien qu’elle n’apparaisse parfois qu’à travers un simple détail. Mais le détail vestimentaire, chez elle comme dans tout texte médiéval, est toujours lourd de sens. C’est le cas par exemple dans le passage de L’advision Cristine dans lequel elle se souvient de sa présentation au Louvre, et de celle de toute sa famille, alors qu’elle est encore enfant, devant le roi Charles V auprès duquel son père, Thomas de Pizan, a été recruté comme médecin et astrologue. Dans ce souvenir d’enfance Christine se revoit, ainsi que sa mère et ses frères, en « abits lombars, riches d’aournement et d’atour selon l’usaige des femmes et enfans d’estat »2. Pour l’enfant italienne qu’elle était, peut-être encore ignorante de la langue française, les différences d’atours servent de sous-titrage à la situation qu’elle a vécue, le vêtement est perçu comme un langage qui signifie à la fois l’origine étrangère et la condition sociale3. Autre exemple, tiré cette fois du début de ← 155 | 156 → La Cité des Dames : lorsque Christine s’inquiète de trouver les mêmes propos misogynes chez tous les auteurs masculins et en vient à douter de ses propres compétences,...

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