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Voir l’habit

Discours et images du vêtement du Moyen Âge au XVII e siècle

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Edited By Danièle Duport and Pascale Mounier

Les écrivains et les artistes du Moyen Âge et de l’âge moderne font souvent référence à la manière de se vêtir. Ils envisagent le vêtement du point de vue de son apparence – comme objet référentiel – ou comme un signe vers autre chose – vers un second élément, concret ou abstrait.
Le présent volume propose une série d’enquêtes sur la poétique du vêtement élaborée du XIII e siècle au XVII e siècle, issues d’un colloque organisé à Caen en mars 2014. Il analyse la représentation de l’ensemble de la tenue, c’est-à-dire du vêtement en soi, des attributs et des accessoires qui fonctionnent métonymiquement avec lui, à partir du double discours tenu : celui sur « l’habit » – nous dirions aujourd’hui plutôt « les habits » – et celui de l’habit. Il montre que le plus souvent les deux types de visions se croisent dans les textes et dans les images produits. La variété des angles d’attaque des analyses rassemblées permet le repérage d’éléments de convergence entre les deux grands genres de représentation envisagés – verbal et plastique – ainsi que l’appréciation de la spécificité de chacun d’eux.
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« Voir l’habit du narrateur ». Texte et enluminures dans le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris

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← 228 | 229 → ISABELLE BÉTEMPS

Université de Rouen

« Voir l’habit du narrateur ». Texte et enluminures dans le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris

Le Roman de la Rose, qu’un certain Guillaume de Lorris aurait commencé vers 1230, narre un songe amoureux fait par un jeune homme de vingt ans qui, au sein du verger de Déduit, tente de conquérir la Rose vermeille que lui ont révélée les miroitements de la fontaine d’Amour et de son cristal merveilleux. Ce roman allégorique, qui retrace le parcours initiatique de l’amant courtois tout en proposant un art d’aimer, a la particularité d’être écrit à la première personne et de rester anonyme : le nom même de son auteur, « Guillaume de Lorris », n’apparaît que dans la continuation de Jean de Meun, proféré par le personnage du dieu Amour.

Or le « je », qui se met en place dès le prologue se révèle vite ambigu, puisqu’il se fragmente en différentes figures, qui pourront se superposer : celle du jeune dormeur de vingt ans qui fait le rêve prémonitoire, celle de l’auteur soucieux de « rimoier » le songe, cinq ans après, afin de plaire à sa destinataire, digne d’être « rose clamee », celle enfin du personnage rêvé, néophyte qui subit les épreuves amoureuses sur lesquelles le narrateur-auteur, mûri par l’expérience, jette parfois un regard ironique ou désabusé…

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