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Voir l’habit

Discours et images du vêtement du Moyen Âge au XVII e siècle

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Edited By Danièle Duport and Pascale Mounier

Les écrivains et les artistes du Moyen Âge et de l’âge moderne font souvent référence à la manière de se vêtir. Ils envisagent le vêtement du point de vue de son apparence – comme objet référentiel – ou comme un signe vers autre chose – vers un second élément, concret ou abstrait.
Le présent volume propose une série d’enquêtes sur la poétique du vêtement élaborée du XIII e siècle au XVII e siècle, issues d’un colloque organisé à Caen en mars 2014. Il analyse la représentation de l’ensemble de la tenue, c’est-à-dire du vêtement en soi, des attributs et des accessoires qui fonctionnent métonymiquement avec lui, à partir du double discours tenu : celui sur « l’habit » – nous dirions aujourd’hui plutôt « les habits » – et celui de l’habit. Il montre que le plus souvent les deux types de visions se croisent dans les textes et dans les images produits. La variété des angles d’attaque des analyses rassemblées permet le repérage d’éléments de convergence entre les deux grands genres de représentation envisagés – verbal et plastique – ainsi que l’appréciation de la spécificité de chacun d’eux.
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Esthétique du rapport : l’habit des allégories au théâtre (XVe -XVIe siècle)

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Université de Lille, IRHiS

Esthétique du rapport : l’habit des allégories au théâtre (XVe-XVIe siècle)

Dans la deuxième moitié du XVIe siècle paraît, sous les presses de l’imprimeur parisien Simon Calvarin, une Moralité de la pauvre fille villageoise. Le titre « moralité », tombé dans une certaine désuétude à cette époque, est à comprendre dans un double sens. À travers l’exemple d’une jeune paysanne qui préfère la mort au déshonneur infligé par un seigneur luxurieux, le récepteur est invité à méditer une conduite édifiante. L’intitulé suggère également une lecture « à plus haut sens » de l’anecdote, la « matiere » mise en scène étant à entendre par « similitude » :

Le Pere

Prenez en gré la simple estude

De ces motz simplement touchez.

La matiere est similitude

Pour bonnes filles […]1.

« Similitude » est un terme important des prologues et des épilogues qui encadrent souvent, de la fin des années 1420 aux années 1560, les pièces appelées « morales », c’est-à-dire proposant une mise en scène et une interprétation allégoriques, telles que les moralités et les farces morales. Ce mot hérite de réflexions engagées par certains commentateurs médiévaux de la Poétique aristotélicienne. Au début du XIVe siècle, dans sa Brevis expositio supra Poetriam, Barthélemy de Bruges définit la mim...

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