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Voir l’habit

Discours et images du vêtement du Moyen Âge au XVII e siècle

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Edited By Danièle Duport and Pascale Mounier

Les écrivains et les artistes du Moyen Âge et de l’âge moderne font souvent référence à la manière de se vêtir. Ils envisagent le vêtement du point de vue de son apparence – comme objet référentiel – ou comme un signe vers autre chose – vers un second élément, concret ou abstrait.
Le présent volume propose une série d’enquêtes sur la poétique du vêtement élaborée du XIII e siècle au XVII e siècle, issues d’un colloque organisé à Caen en mars 2014. Il analyse la représentation de l’ensemble de la tenue, c’est-à-dire du vêtement en soi, des attributs et des accessoires qui fonctionnent métonymiquement avec lui, à partir du double discours tenu : celui sur « l’habit » – nous dirions aujourd’hui plutôt « les habits » – et celui de l’habit. Il montre que le plus souvent les deux types de visions se croisent dans les textes et dans les images produits. La variété des angles d’attaque des analyses rassemblées permet le repérage d’éléments de convergence entre les deux grands genres de représentation envisagés – verbal et plastique – ainsi que l’appréciation de la spécificité de chacun d’eux.
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L’habit métatextuel : les robes de Rabelais

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← 256 | 257 → RAPHAËL CAPPELLEN

Université Paris 7-CERILAC

L’habit métatextuel : les robes de Rabelais

Le monde fictif rabelaisien abonde en vêtements de tous types et de toutes époques. Les personnages sont vêtus à la mode du temps qui courait, à moins que ce ne soit à la mode du temps qui court, l’écart entre la pseudo-temporalité de la fiction et le temps de la publication n’étant pas toujours respecté. Panurge est ainsi, dans Pantagruel, un être dont l’habit est celui du temps passé, d’une fiction ancrée au XVe siècle, puisque son compère géant « le feist vestir galantement selon la mode du temps qui couroit : excepté que Panurge » est déjà tourné vers l’époque de François Ier, à laquelle se répand l’usage des longues braguettes, raison pour laquelle le personnage

voulut que la braguette de ses chausses feust longue de troys piedz, et quarrée non ronde, ce que feust faict, et la faisoit bon veoir. Et disoit souvent que le monde n’avoit encores congneu l’emolument et utilité qui est de porter grande braguette : mais le temps leur enseigneroit quelque jour, comme toutes choses ont esté inventées en temps1.

À travers ses descriptions vestimentaires, Rabelais se fait souvent l’historien du costume de son temps, conscient que l’habit est le reflet d’une époque, d’une conception du corps historiquement déterminée, de mutations dans les techniques de production. Ainsi, alors que les vêtements...

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