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Noi – Nous – Nosotros

Studi romanzi – Études romanes – Estudios románicos

Edited By Maria Chiara Janner, Mario A. Della Costanza and Paul Sutermeister

Wir sind Papst («nous sommes Pape») n’est pas une expression du pluralis maiestatis souvent utilisé par les souverains, mais un nous inclusif de l’entière nation allemande : un exemple journalistique qui joue avec la plasticité du nous, la première personne du pluriel. Pronom d’un esprit identitaire basé sur l’inclusion et l’exclusion, « pronom de lâcheté » (Manganelli) utilisé par ceux qui refusent d’assumer les responsabilités liées au fait de dire je, ou bien encore abus de pouvoir, le nous permet un déguisement du sujet et se prête à des usages différents.
Les essais contenus dans ce volume étudient le phénomène facetté de la première personne du pluriel dans des diverses langues et littératures romanes, du point de vue théorique jusqu’à l’analyse de cas exemplaires, dans les perspectives linguistique, littéraire, philologique et des études culturelles.
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Nous, l’ amour, la poésie Pour une définition des personnes grammaticales dans Ab la doussor del temps novel de Guillaume IX

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Résumé

Définir la spécificité du pronom de première personne plurielle comporte bien des difficultés d’ordre épistémologique, et le problème se complique davantage dès que l’ on s’interroge sur le sens à attribuer aux différentes occurrences de Nous dans la tradition lyrique médiévale. La première partie de cet article propose une réflexion sur la relation entre « locuteur » et « contexte de locution », à l’ aide des principales théories tant linguistiques (Benveniste, Kerbrat-Orecchioni, etc.) que philosophiques (Heidegger, Sartre, etc.).

La seconde partie est focalisée sur l’ analyse du poème Ab la doussor del temps novel, attribuable à Guillaume, septième comte de Poitou et neuvième duc d’Aquitaine, avec une attention particulière à la deixis pronominale et à ses possibles interprétations. En fait, dans ce texte datant des environs de 1100, pour la première fois dans la tradition lyrique romane, apparaît une variété de pronoms personnels et d’adjectifs possessifs réservés au couple locuteur-destinataire, en référence au désir amoureux et à la possibilité d’en satisfaire les pulsions. La critique, quand elle n’a pas ouvertement ignoré la question, n’a pas été unanime dans l’interprétation des locutions pronominales utilisées dans le texte, en particulier en ce qui concerne la dernière strophe où, à « ceux qui vont se vantant de l’ amour », s’oppose la phrase énigmatique « nos ← 217 | 218 → n’avem la pess’e.l coutel » (au pied de la lettre : « nous...

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