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La réciprocité et l’alternance

Pierre-André Stucki

La réciprocité est habituellement conçue comme une structure d'échange où ce que l'on rend est de valeur à peu près équivalente à ce que l'on reçoit. Il en est ainsi de la traditionnelle règle d'or, «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse», et de la loi du Talion, «Œil pour œil, dent pour dent». L'idée très répandue de la juste rétribution exprime cette manière de penser. Dès l'origine, le christianisme fait valoir une autre optique : le don ne récompense pas forcément le mérite, il arrive qu'il soit gratuit, et le pardon répond à la faute. C'est donc une interaction asymétrique qui est ainsi impliquée par cette tradition et notre logique habituelle s'en trouve déroutée. Pour pallier cette carence, le présent ouvrage propose de recourir au calcul matriciel élémentaire. Il y puise une petite série de modèles assez simples et il examine s'il est plausible de les appliquer à des manifestations typiques de la pensée chrétienne. Il en résulte l'idée de l'alternance : à tel moment, la conscience est focalisée sur le monde, à tel autre, sur l'écoute de l'Evangile. Un tableau métaphysique intégral est hors de portée.
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Chapitre II : Le marasme, l’identité et la croissance : les systèmes 3 et 4

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Chapitre II Le marasme, l’identité et la croissance : les systèmes 3 et 4

Le système 3 est asymétrique en ce sens que l’un des acteurs envoie régulièrement à l’autre la valeur dont il est porteur, cependant que l’autre lui renvoie régulièrement la valeur inverse de celle qu’il en a reçue. Il en résulte une instabilité permanente dans laquelle il est bien difficile de s’orienter, raison pour laquelle on peut désigner ce système comme marasme ou comme système de la confusion. Il se trouve toutefois qu’il est cyclique de sorte qu’au terme de quatre pas de programme chacun des acteurs se retrouve dans sa situation de départ. S’impose ainsi à l’attention la caractéristique de la permanence, ou de l’identité des acteurs. Dans les systèmes 1, 2 et 3, les acteurs sont considérés dans leur interaction abstraction faite de leur propre identité ou permanence : ils s’envoient des valeurs l’un à l’autre, mais ils ne s’envoient rien à eux-mêmes, d’un moment à l’autre. C’est pourtant là une possibilité constitutive de la situation comme le montre la matrice-identité, Mi, qui caractérise le cas où les acteurs demeurent par eux-mêmes, d’un moment à l’autre, porteurs de la même valeur. Il se trouve également le cas où, d’un moment à l’autre, ils se donnent à eux-mêmes la valeur inverse de celle qu’ils avaient tantôt ; ils se contredisent constamment eux-mêmes, en quelque sorte ; on peut donc...

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