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Interprétations postcoloniales et mondialisation

Littératures de langues allemande, anglaise, espagnole, française, italienne et portugaise

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Edited By Françoise Aubès, Silvia Contarini and Jean-Marc Moura

Cet ouvrage réunit les travaux de spécialistes de la critique et des littératures postcoloniales de pays de langues romanes (aires francophone, hispanophone, italophone, lusophone) ainsi que de pays d’aires germanophone et anglophone. Il a pour but de confronter les spécificités critiques et méthodologiques propres à chaque aire linguistique, de dresser ensuite un premier bilan comparé des différentes interprétations et théories postcoloniales et enfin d’envisager les perspectives qui s’ouvrent aux études postcoloniales dans un monde global.
Les auteurs ont donc voulu d’une part comparer et entrecroiser les approches et les situations abordant les littératures dans un cadre mondial, et d’autre part, sur ces bases, décrire les possibles évolutions des études postcoloniales, en dehors et au-delà du domaine anglophone où elles ont pris naissance.
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Etudes postcoloniales et littérature comparée

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← 8 | 9 → YVES CLAVARON

Celec (EA 3069), Université Jean Monnet Saint-Étienne

C’est un lieu commun de dire que les études postcoloniales ont eu du mal à se faire une place dans le monde académique français, particulièrement réticent à accepter une théorie américaine, doublement soupçonnée en tant que théorie – le « démon » de la théorie signalé par A. Compagnon – et en tant qu’anglo-saxonne. Le système académique français aux forts clivages disciplinaires est peu enclin à la déterritorialisation des savoirs et s’avère inhospitalier aux avant-gardes anglo-saxonnes vite suspectes d’hégémonisme.

Cette résistance peut s’expliquer par des différences socio-historiques. En effet, en dépit de processus chronologiquement comparables, les systèmes de colonisation français et britanniques diffèrent avec, d’un côté, le projet universaliste d’assimilation culturelle à la française, de l’autre, la perspective différentialiste de préservation des identités à l’anglaise. Par ailleurs, l’universalisme français n’admet guère l’existence de minorités sur son territoire tandis que la critique de la colonisation a souvent été incluse dans une question plus vaste, celle de l’oppression sociale. D’autres différences tiennent à l’institutionnalisation forte de la francophonie, sans équivalent dans le Commonwealth, ou au fait de privilégier le matériau linguistique – le français comme langue partagée – ainsi que le rapport à l’ancienne métropole coloniale. À l’inverse, la théorie postcoloniale insiste sur la détermination historique – au risque...

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