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Mobilités et imaginaire identitaire des Roumains dans l’Europe d’après 1989

Carnets de bord et ethnographie des pratiques de voyage en autocar

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Edited By Monica Salvan

L’autocar est un mode de transport méconnu des discours sur la mondialisation qui concentre les vécus d’une Europe en construction, ceux des laissés pour compte des mutations géopolitiques ou de ceux qui sont en quête d’un futur que leur pays ne leur promet pas. L’auteure dresse le portrait de ces existences mobiles entrevues dans des voyages entre la Roumanie et la France, en conjuguant une écriture en profondeur et la rigueur d’une observation méthodique et empathique qui s’appuie sur ses carnets de bord. Le résultat est à la hauteur d’une recherche ethnographique novatrice identifiant des pratiques de mobilité inédites, prolongée par des entretiens qui affinent les premiers échanges nés du hasard. A la vitesse bridée du cheminement de l’autocar, on découvre, dans ce va-et-vient entre sociétés, l’économie des dynamiques identitaires telle qu’elle fonctionne au fil des générations migrantes, les logiques qui animent les oppositions entre « Occident » et marges de « l’Orient », espaces réinventés certes après la Chute du Mur mais dont le jeu subtil des décloisonnements identitaires se dévoile progressivement sous la loupe des imaginaires et des appartenances plurielles.
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Préface

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Dans un espace européen où les nouvelles mobilités s’expriment en trajets d’avion low cost, l’autocar semble renvoyer à des pratiques obsolètes, au regard d’un Européen jeune et dégourdi. Une recherche construite autour de la mobilité en autocar (et non autobus, symbole d’une mobilité urbanisée, souple, le plus souvent confortable, au design rutilant) semble donc partie prenante d’une ethnographie de la lenteur, mesurée à 50 km / heure au compteur. Au nom d’une observation participante, doublée d’un journal de bord, Monica Salvan a partagé ce statut d’« acteur de la mobilité » tout au long de la route qui mène de la gare routière Paris Galliéni à Bucarest et vice-versa, entre avril 2005 et avril 2008. Seize voyages de quarante heures environ, soit deux jours entrecoupés d’une nuit et dix-sept entretiens recueillis. L’autocar, au départ simple contenant d’une cinquantaine de passagers, évolue au fil des incidents de parcours en une scène théâtrale où les passagers dévoilent leurs destins à cette passagère, à la fois aidante et respectueuse de leurs silences. L’espace compté du voyageur, où les corps s’abandonnent progressivement à la fatigue, se dilate au rythme syncopé des arrêts sur les aires de stationnement et des contrôles d’identité : les mirages de l’Europe prennent forme ou se dissolvent – selon le sens du parcours – en activités marchandes, arrêts pipi, ou contrôles de douanes propres à rappeler au passager la précarité de son existence migratoire et le paysage politique...

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