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« Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots »

Mélanges d'études pour Giuseppe Bernardelli

Edited By Enrica Galazzi, Marisa Verna and Maria Teresa Zanola

Depuis les années 1960, maintes générations d’étudiant(e)s et de nombreux collègues ont pu apprécier les qualités humaines et scientifiques de Giuseppe Bernardelli. Ce volume d’hommage se propose comme une preuve d’un dialogue toujours vivant, sur les deux côtés de la littérature et de la linguistique, autour de cette passion pour « les mots », manifestée par l’enseignement et par les études que Bernardelli a toujours menées avec finesse et acribie. D’où le titre de ces mélanges : « Tout le talent d’écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots » (Gustave Flaubert, À Louise Colet, 22 juillet 1852)
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Entre Bénédiction et “bene-diction” : Baudelaire et l’intertextualité biblique

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FEDERICA LOCATELLI

Entre Bénédiction et « bene-diction » : Baudelaire et l’intertextualité biblique

Lorsqu’un écrivain invite à comprendre et juger chacune de ses compositions selon la place qu’elles occupent dans l’ensemble du recueil, l’architecture structurale et la relation entre les différents composants apparaissent comme un élément primaire et incontournable de l’analyse critique1. C’est particulièrement le cas pour les poèmes qui ouvrent et ferment les différentes sections des Fleurs du Mal baudelairiennes, captant l’intérêt d’un point de vue à la fois expressif et herméneutique. Pourtant, le texte qui, au-delà des variantes éditoriales et des changements apportés à l’ordre définitif, a invariablement inauguré la lecture du recueil, n’a presque jamais inspiré une exégèse approfondie, alors qu’il s’agit d’un poème à la complexité évidente, dès le premier élément para-textuel : le titre emblématique du poème Bénédiction résonne d’échos éthiques et religieux qui se répandent dans les couches textuelles, en contraste avec l’esthétique, revendiquée en épigraphe, de ces fleurs « maladives ».

Du paratexte à l’intertexte, la suite d’allusions à l’imaginaire biblique, qu’il s’agisse du feu de la Géhenne ou de la référence à l’Immaculée Conception, confirme l’impression de sacré évoquée par le titre : à une première lecture, tout fait penser au mythe du Poète romantique, investi par la lumière divine et chargé par surcroît d’une mission humanitaire. Ces interprétations qui, du procès de 1857...

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