Show Less
Restricted access

« Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots »

Mélanges d'études pour Giuseppe Bernardelli

Edited By Enrica Galazzi, Marisa Verna and Maria Teresa Zanola

Depuis les années 1960, maintes générations d’étudiant(e)s et de nombreux collègues ont pu apprécier les qualités humaines et scientifiques de Giuseppe Bernardelli. Ce volume d’hommage se propose comme une preuve d’un dialogue toujours vivant, sur les deux côtés de la littérature et de la linguistique, autour de cette passion pour « les mots », manifestée par l’enseignement et par les études que Bernardelli a toujours menées avec finesse et acribie. D’où le titre de ces mélanges : « Tout le talent d’écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots » (Gustave Flaubert, À Louise Colet, 22 juillet 1852)
Show Summary Details
Restricted access

Orphée, l’animal et le langage. Le bestiaire de Rimbaud

Extract



Un envol de pigeons écarlates tonne autour de ma pensée (Villes, Illuminations)

1.L’animalité, une langue primitive

Chargé de l’humanité, « des animaux même »1 le poète est pour Rimbaud le créateur d’un langage absolu. Les animaux le comprennent : tel Orphée, il produit une musique qui charme toute créature vivante, car désormais il connaît le « langage des fleurs et des choses muettes »2. Dans cet « accomplissement de l’état primordial, édénique, créatif de l’esprit »3, les animaux jouent un rôle important.

Ils sont avant tout nombreux dans les poèmes de Rimbaud : des corbeaux, des colombes, des poux, des « faunes animaux », des tigres, des panthères, des loups, des vaches, des écureuils, des crapauds, des mouches, des chiennes, des poissons d’or, des oiseaux d’or, des chiens noirs, des chenilles, des taupes, des lièvres, des hyènes, des pigeons écarlates, des juments bleues et noires, des « oiseaux des mystères » parcourent ← 169 | 170 → l’œuvre rimbaldienne dès les premières poésies. Notre hypothèse identifie dans l’univers animal l’une des clés de lecture de la « nouvelle langue » à laquelle aspire le Voyant. Pour « posséder la vérité dans une âme et un corps » il faut avant tout redonner au corps sa part dans l’Esprit. La matière est en effet investie d’un souffle spirituel, duquel participent toutes les créatures, que Rimbaud ‘fait parler’ dans la langue de la po...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.