Show Less
Restricted access

Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

Series:

Edited By Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
Show Summary Details
Restricted access

Nihilisme, totalitarisme, démocratie : la crise de l’ordre politique à l’âge de la mort de Dieu: Frédéric Bovagne

Extract

Frédéric BOVAGNE

Nihilisme, totalitarisme, démocratie : la crise de l’ordre politique à l’âge de la mort de Dieu

Si l’autonomisation peut être envisagée comme l’avènement d’une communauté politique libre, en tant que celle-ci obéit aux lois qu’elle se prescrit à elle-même, elle a paradoxalement mis du temps à devenir effective en Europe à la suite de la Révolution française. En effet, la valse des régimes politiques au XIXe siècle, la succession des révolutions, et surtout l’avènement au XXe siècle d’un régime politique inédit, le totalitarisme, montrent que le lever de soleil qu’avait pu constituer la Révolution française s’est progressivement obscurci, jusqu’à plonger l’humanité dans de sombres temps, marqués par une hétéronomie pour ainsi dire totale. Tout se passe comme si la raison dans sa marche, loin de conduire à l’émancipation espérée des Lumières, s’était retournée en son contraire, devenant la servante de forces d’oppression inouïes, jusqu’à ce que le modèle de la démocratie libérale, pourtant largement discrédité après la Grande Guerre, ne redevienne l’idéal, apparaissant alors à certains comme la réalisation d’une fin de l’histoire1.

Il semble que de tels phénomènes peuvent prendre sens à l’aune de la thématique du nihilisme, telle que Nietzsche l’a développée. Le nihilisme, terme profondément polysémique, renvoie chez Nietzsche à la dépréciation des...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.