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Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

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Edited By Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
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Devenir citoyen en Europe : le cas de la France et du Royaume-Uni: Stéphanie Couderc-Morandeau et Paul Lees

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Stéphanie COUDERC-MORANDEAU, Université de Nantes et Paul LEES, Université de Nantes

Devenir citoyen en Europe : le cas de la France et du Royaume-Uni

Devenir citoyen en Europe : le cas de la France et du Royaume-Uni a pour objectif de traiter des migrants non européens qui souhaitent intégrer l’Europe pour devenir un citoyen en Europe et non pas un citoyen européen. Il y a déjà une trentaine d’années, Raymond Aron remarquait : « […] il n’existe pas de citoyens européens : il n’y a que des citoyens français, allemands ou italiens »1. La citoyenneté européenne ne possède un sens qu’en tant qu’élément représentatif des citoyennetés nationales ; elle s’ajoute aux citoyennetés nationales : elle ne se substitue pas à celles-ci. Et le traité de Maastricht en 1992 n’affirme pas autre chose : il reconnait la citoyenneté européenne à toute personne ayant déjà la nationalité d’un Etat membre de l’Union. Bien qu’elle donne accès à de nouveaux droits (comme celui par exemple de circuler ou de résider librement dans les pays de la Communauté), la citoyenneté européenne est conditionnée par la citoyenneté nationale. Situation ambiguë où l’Union européenne se positionne au sein de deux mouvements contradictoires : d’un côté, elle développerait une forme d’altérité alors même qu’elle se réclamerait d’une forme d’universalité, de l’autre.

Il en résulte que le migrant non européen doit d’abord accéder à une citoyennet...

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