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Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

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Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
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Non-musulmans et dhimmis dans le kitab al-Mu?alla d’Ibn ?azm al-?ahiri (m. 456/1064)*: Farid Bouchiba et Ahmed Oulddali

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Farid BOUCHIBA, RELMIN et Ahmed OULDDALI, RELMIN

Non-musulmans et dhimmīs dans le kitāb al-Muḥallā d’Ibn Ḥazm al-ẓāhirī (m. 456/1064)*

Ibn Ḥazm1 appartient à une famille andalouse dont plusieurs membres jouèrent un rôle remarquable sous le califat omeyyade. Le plus illustre d’entre eux est sans conteste Abū Muḥammad ‘Alī b. Ḥazm. Notre auteur, qui naît en 384/994 (Cordoue) et meurt en 456/1064 (Manta Lisham) est un poète, historien, théologien, philosophe et juriste andalou. Il est un des esprits les plus distingués de la civilisation arabo-musulmane, qui tente, à sa manière, de diffuser la doctrine ẓāhirite2. ← 39 | 40 →

Après avoir passé quelques années au service politique de différents gouverneurs andalous, Ibn Ḥazm se consacre, dans une semi-retraite, à l’écriture. La moquerie et la dérision dont il fait part à l’encontre des fuqahā’ (juristes) mālikites, lui attirent un certain nombre d’ennemis. Pour notre auteur, le temps était venu d’élaguer la religion et plus particulièrement le fiqh3 des arguties des fuqahā’. Pour lui l’erreur est liée au langage4. En effet, celui-ci est porteur de vérité tant que l’homme ne « badine » pas avec et qu’il maintient ses racines divines. Selon notre auteur le langage ne saurait devenir conventionnel (istilāḥī), hermétique et encore moins ésotérique. Il doit être patent, manifeste. L’objectif étant de réaliser la compréhension entre les humains. Ainsi la Parole de Dieu doit être...

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