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Sujet, fidèle, citoyen

Espace européen (XIe-XXIe siècles)

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Edited By Dominique Avon

La recherche de l’objectivation du « sujet » à travers le temps et l’espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l’Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l’être humain au centre d’un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d’une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen – les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n’ont pas vécu dans l’ignorance de l’expérience des sujets-fidèles de l’Islam ou des communautés juives – ; d’autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d’une religion donnée n’a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d’un état d’hétéronomie à un état d’autonomie. C’est en tenant compte de cette complexité du passé qu’il devient possible de mieux négocier les défis du présent.
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De la judéité en contexte minoritaire à la citoyenneté israélienne : de Mendelssohn aux juges de l’affaire Rufeisen: Mehdi Bakhrouri et Frédéric Lunel

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Mehdi BAKHROURI, ED CEI – EA 2163 et Frédéric LUNEL, Chercheur associé CERHIO – DCIE

De la judéité en contexte minoritaire à la citoyenneté israélienne : de Mendelssohn aux juges de l’affaire Rufeisen

Dans une lettre du 16 août 1783 adressée à Moses Mendelssohn, Emmanuel Kant vantait les mérites de l’ouvrage Jérusalem ou Pouvoir religieux et judaïsme, affirmant à propos de son auteur : « Vous avez su concilier votre religion avec une liberté de conscience telle qu’on ne l’aurait jamais cru possible de sa part »1. Mendelssohn se proposait de définir la singularité de l’identité juive tout en ménageant la liberté religieuse de chacun : « Ni l’Eglise ni l’Etat n’ont […] un droit de soumettre à aucune contrainte les principes et les opinions des hommes. »2 A l’ère contemporaine, l’argumentaire déployé par les juges de la Cour suprême de l’Etat d’Israël lors de l’affaire Rufeisen s’avère aux antipodes de la conception libérale défendue par le plus éminent représentant des Lumières juives. Le 20 juillet 1958, le ministère de l’Intérieur israélien dénie à Oswald Rufeisen le bénéfice d’un certificat d’immigration selon les conditions prévues par la « loi du Retour » (1950). En 1962, quatre ans après son immigration en Israël, Oswald Rufeisen, né juif en Pologne en 1922, converti au catholicisme et entré au Carmel sous le nom de frère Daniel, attaque le ministère de l’Intérieur devant...

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