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Nouvelles perspectives sur l’anaphore

Points de vue linguistique, psycholinguistique et acquisitionnel

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Edited By Marion Fossard and Marie-José Béguelin

Longtemps limitée à une simple perspective textualiste, l’anaphore a, ces vingt dernières années, été l’enjeu de nombreux travaux influencés par les forts courants de la linguistique du discours ainsi que par les approches cognitives, pragmatiques et, plus récemment encore, interactionnelles de la référence. Phénomène discursif éminemment complexe, l’anaphore met en jeu des mécanismes informationnels, mémoriels et inférentiels variés, que de nombreux modèles, linguistiques et psycholinguistiques, ont cherché à capter.
Le propos du présent ouvrage est double : proposer un bilan épistémologique mettant au jour, parmi les modèles et approches proposés, ceux qui ont résisté au temps (et aux modes) ; pointer les aspects du phénomène anaphorique qui nécessiteraient des investigations complémentaires. En abordant l’anaphore de manière interdisciplinaire, ce livre vise aussi à décloisonner des domaines de recherche qui trop souvent s’ignorent : il rétablit le dialogue entre approches linguistiques, psycholinguistiques et acquisitionnelles, tout en faisant place aux perspectives orientées vers la logopédie et le TAL (Traitement Automatique du Langage).
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Anaphores louches et dualités: Alain Berrendonner

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Avec le développement des sémantiques « dynamiques » (DRT, SDRT, etc.), il est devenu banal de concevoir le discours comme une suite d’énonciations accomplies par des interlocuteurs en vue de construire et à faire évoluer un ensemble de représentations publiquement partagées1. Il incombe à une sémantique du discours de modéliser ces représentations, voire d’en offrir une simulation formalisée, qui permette le calcul des inférences opérées sur elles.

Lorsqu’il s’agit de figurer les référents du discours, pratiquement toutes les sémantiques existantes recourent à une logique extensionnelle (indexée ou non): à titre d’univers d’interprétation extra-linguistique U, elles postulent l’existence d’un ensemble d’individus discrets, dont chacun est représenté par une lettre x, y, z… qui lui tient lieu de « nom propre »2. D’autre part, ces sémantiques adhèrent unanimement à la conception leibnitzienne de l’identité, selon laquelle chaque objet se ramène à un ensemble original de propriétés: deux objets sont identiques (= le même) s’ils possèdent exactement les mêmes propriétés, et sont nécessairement distincts s’ils diffèrent par au moins une propriété.

Or, ce cadre logiciste-extensionniste ne permet pas de rendre compte de certains faits de discours. Impossible par exemple, de montrer qu’en ← 169 | 170 → (1), les deux SN génériques la femme et les femmes ne désignent pas la même chose, puisqu’il leur correspond dans U un même ensemble d’individus:

(1)(a)...

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