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Les Fenians d’Irlande

Une lecture du nationalisme révolutionnaire irlandais

Sophie Ollivier

Cet ouvrage met en lumière le rôle joué par l’organisation révolutionnaire feniane, appelée Irish Republican Brotherhood (IRB), depuis sa création en 1858 jusqu’à sa dissolution en 1924. Après un survol de l’histoire de l’île, depuis l’Irlande libre jusqu’à son asservissement par l’Angleterre, un premier volet concerne l’insurrection des « Irlandais-Unis » (1798) et celle des « Jeunes-Irlandais » (1848). Ce sont des jalons qui mènent aux Fenians. A partir du chapitre III, l’auteur retrace les différentes étapes des luttes des nationalistes révolutionnaires fenians pour conquérir l’indépendance de l’Irlande et analyse l’impact des deux insurrections qu’elle a organisées, en 1867 et en 1916. Un second volet présente diverses facettes du fenianisme : ses rapports avec les sociétés agraires, l’Église catholique et les mouvements révolutionnaires de l’époque en Europe, sa passion des commémorations, sa conception de la révolution à travers les écrits de certains de ses chefs, de Yeats et de Seán O’Casey, et enfin son républicanisme. Les révisionnistes rejettent la vision héroïque des luttes révolutionnaires fenianes.
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Chapitre I: L’insurrection des Irlandais-Unis

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← 24 | 25 → Chapitre IL’insurrection des Irlandais-Unis21

Le mouvement des United Irishmen est né en 1791 à Belfast et à Dublin sous l’influence de la Révolution française. Les liens avec la France, perçue comme la libératrice du joug anglais, l’échec de l’expédition du général Hoche qui ne put débarquer en Irlande, la grande figure révolutionnaire de Wolfe Tone, une insurrection qui coûta la vie à plus de 30 000 personnes, hommes, femmes, enfants, tout cela reste ancré dans la mémoire collective irlandaise.

D’un nationalisme constitutionnel à un nationalisme révolutionnaire

Un nationalisme constitutionnel prend naissance à cette époque. Des protestants, issus de l’aristocratie et des classes moyennes, prennent la défense de la majorité réduite au silence. Ce sont, le plus souvent, des parlementaires, tels Edmund Burke, James Caulfeild Charlemont, Henry Flood et Henry Grattan, qui demande l’abrogation des Penal Laws. Ces trois derniers sont membres d’un groupe appelé « patriote », né dans les années 1770 et influencé par William Molyneux. Le « patriotisme » prend une dimension culturelle avec la création, en 1785, de la Royal Irish Academy dont Charlemont est le premier président. J.G. Simms, spécialiste de l’histoire de l’Irlande du XVIIe et du XVIIIe siècles et auteur d’un ouvrage sur Molyneux (1976), parle d’un « nationalisme colonial », terme créé en 1902 par le journaliste Richard Jebb pour désigner les mouvements ← 25 | 26 → autonomistes dans les dominions britanniques d’outre-mer. Thomas Bartlett fait allusion...

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