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Les Fenians d’Irlande

Une lecture du nationalisme révolutionnaire irlandais

Sophie Ollivier

Cet ouvrage met en lumière le rôle joué par l’organisation révolutionnaire feniane, appelée Irish Republican Brotherhood (IRB) , depuis sa création en 1858 jusqu’à sa dissolution en 1924. Après un survol de l’histoire de l’île, depuis l’Irlande libre jusqu’à son asservissement par l’Angleterre, un premier volet concerne l’insurrection des « Irlandais-Unis » (1798) et celle des « Jeunes-Irlandais » (1848). Ce sont des jalons qui mènent aux Fenians. A partir du chapitre III, l’auteur retrace les différentes étapes des luttes des nationalistes révolutionnaires fenians pour conquérir l’indépendance de l’Irlande et analyse l’impact des deux insurrections qu’elle a organisées, en 1867 et en 1916. Un second volet présente diverses facettes du fenianisme : ses rapports avec les sociétés agraires, l’Église catholique et les mouvements révolutionnaires de l’époque en Europe, sa passion des commémorations, sa conception de la révolution à travers les écrits de certains de ses chefs, de Yeats et de Seán O’Casey, et enfin son républicanisme. Les révisionnistes rejettent la vision héroïque des luttes révolutionnaires fenianes.
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Chapitre XIII: L’IRB dans le contexte révolutionnaire européen

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La question des rapports du fenianisme avec les mouvements révolutionnaires de l’époque en Europe se pose notamment à propos de James Stephens. Quel impact a pu avoir sur l’initiateur du mouvement fenian un séjour de quelques années dans la capitale française ? Les opinions des historiens varient à ce sujet.

Pour Desmond Ryan, qui avait été l’élève de Patrick Pearse et avait pris part à l’insurrection de 1916, la rencontre entre James Stephens et John O’Mahony, deux témoins de l’insurrection de 1848, a été déterminante pour le fenianisme : « Ils sont d’accord sur la leçon à tirer de l’échec de l’insurrection de 1848 : toute nouvelle tentative devait s’appuyer sur ce qu’O’Mahony appelait ‘les légions de la liberté, enrôlées en silence’. D’une certaine façon, le mouvement fenian avait commencé. »226 Ils deviennent des exilés, vivant pauvrement de leçons d’anglais ainsi que de travaux littéraires mal payés. Stephens écrit des articles dans le Moniteur universel où il fait paraître sa traduction de Martin Chuzzlewit de Dickens, louée par l’écrivain lui-même. C’est à partir de cette traduction que Taine écrit dans la Revue des deux Mondes un article qui introduit Dickens en Europe et le présente comme un romancier original et important.

Dans ses Mémoires, Stephens écrit qu’O’Mahony et lui étaient devenus membres d’une société secrète...

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