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Judaïsme et christianisme dans les commentaires patristiques de la Genèse

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Marie-Anne Vannier

Les commentaires patristiques de la Genèse ont été fréquemment étudiés, car ils s’inscrivent dans le cadre de la catéchèse baptismale et articulent création et création nouvelle. En revanche, les chercheurs ont très peu, voire pas du tout, envisagé l’influence du Judaïsme sur ces commentaires. Or, ne serait-ce que par le texte de la Septante qui sert de référence aux Pères grecs, l’influence du Judaïsme y est présente, ce qui amène à une autre compréhension des premiers mots du texte. S’y ajoute la place de Philon d’Alexandrie, les méthodes exégétiques issues du Judaïsme. C’est donc une nouvelle manière d’aborder ces commentaires qui est proposée dans cet ouvrage, fruit d’un programme de recherche de la MSH Lorraine, qui renouvelle l’étude de ces textes et montre quelles ont été les interactions entre Judaïsme et christianisme dans l’Antiquité tardive.
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De la figure à la manifestation dans le Contra Faustum de saint Augustin: Yves Meessen

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YVES MEESSEN1

De la figure à la manifestation dans le Contra Faustum de saint Augustin

Illud enim erat tempus significandi, hoc manifestandi (Contra Faustum, VI, 9)

Spontanément, nous associons le terme « Genèse » à celui de « Création ». Or le livre de la Genèse a une portée bien plus large. Il raconte l’histoire des origines du peuple d’Israël et il la fait remonter au projet du Créateur. Dans ce récit, la généalogie, ou les « générations » (toledot), occupe une place primordiale. Si saint Augustin s’est largement penché sur la question théologique de la Création, il n’en a pas omis pour autant la question de la Généalogie. Elle est pour lui le lieu d’un développement théologique original du rapport entre judaïsme et christianisme.

D’une manière assez inattendue, ce développement surgit à l’occasion d’une controverse face au manichéisme. Refusant l’Ancien Testament, les partisans de Mani nient l’origine humaine, et donc juive, du Christ. Professant un dualisme ontologique, ils imaginent un Christ descendu de la « race de lumière » pour combattre la « race de ténèbres » que le peuple juif personnalise dans son culte monothéiste d’un dieu cruel et vengeur2. Face à cette conception imaginaire, Augustin ne peut que manifester l’enracinement du Christ dans la « race de David » (Rm 1, 3)3. Cet enracinement juif du Christ est le véritable sujet du Contra Faustum manichaeum. C’est pourquoi...

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