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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires (L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Introduction

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Nous vivons à une époque où l’on considère parfois comme plus important de justifier efficacement le travail que l’on va entreprendre, que de le mener à bon terme. Nous nous proposons d’étudier dans notre thèse les rapports de Camus à l’Antiquité. Quels sont les arguments qui peuvent rendre compte d’un tel choix ? Hélas, il nous faut dès le départ battre notre coulpe. Nous n’avons guère à notre disposition de données objectives qui valideraient cette préférence. Et nous n’avons pas assez d’imagination pour les inventer. Ce qui revient à dire que notre décision d’entreprendre une étude sur Camus est complètement subjective. Cependant, elle n’est pas pour autant arbitraire. Notre choix a été déterminé par la conscience de la valeur exceptionnelle de l’œuvre de Camus. Avant de commencer nos recherches, nous l’avons lue, avec émotion même. La joie que nous avaient procuré ses livres nous a amené à réfléchir sur leur force, leur profondeur et leur richesse. Nous nous sommes vite aperçu de la difficulté de la tâche : l’œuvre de Camus, comme celle de tout grand artiste, est une énigme indéchiffrable pour celui qui veut se saisir de son sens au moyen d’une analyse froide et purement théorique. Sous cet angle-là, notre entreprise est un pari perdu d’avance. Le Sphinx ne révèle pas ses secrets à celui qui se consacre uniquement à étudier son anatomie, sa généalogie ou ses habitudes.

« [L]a...

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