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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires (L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre quatrième : Les philosophes grecs

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Les conceptions fondamentales de la pensée grecque se trouvent pour la première fois formulées dans les maximes des sept Sages, dont Nietzsche souligne l’importance et l’originalité : « le premier événement philosophique en terre grecque, la désignation des sept Sages, apporte un premier trait distinct et inoubliable à l’image de l’hellénisme. D’autres peuples ont des saints, les Grecs ont des sages » (1969, 30).

La maxime des Sages inscrite sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes a été très souvent citée par Chilon le Lacédémonien. Il s’agit de « Connais-toi toi-même » (Démétrios de Phalère, Apophtegmes des sept Sages, cité par Voilquin, 1964, 26). La connaissance de soi, dont nous parlerons encore à plusieurs occasions, est à l’origine de deux autres maximes des Sages : « Tout est Bien » (Diogène Laerce 1965, I, 58) et « Rien de trop » (Voilquin, 1964, 25). Cette maxime est attribuée par Démétrios de Phalère à Solon l’Athénien (Voilquin, 1964, 25)9. « Tout est Bien » exprime la certitude que le monde n’est pas hostile à notre être profond, mais qu’il est tendre et fraternel ; « Rien de trop » nous révèle que nos actions, qui émanent d’un être relatif, doivent observer la juste mesure pour ne pas devenir autodestructrices. Nous montrerons dans la deuxième partie de notre travail que ces trois maximes constituent aussi le fondement de la pensée philosophique de Camus puisque Noces est l’illustration de « Connais-toi toi-même », Le Mythe de Sisyphe...

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