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Camus et l’antiquité

Martin Rodan

Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l’antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d’Albert Camus sur les œuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l’antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s’enracinent, le terreau où son œuvre prend corps : plus il s’inspire de l’antiquité, plus son œuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses œuvres philosophiques ( Noces, Le Mythe de Sisyphe, L’Homme Révolté) et littéraires ( L’Etranger, L’Exil et le Royaume, La Chute), permet à l’auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l’absurde et la révolte, et d’appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.
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Chapitre cinquième : La tragédie antique

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Les causes qui ont déterminé l’attirance de Camus pour la tragédie grecque sont multiples. Nous en avons déjà mentionné une : l’influence décisive qu’a eue sur lui La Naissance de la tragédie, et plus particulièrement, la conception nietzschéenne du dionysisme et de l’apollinisme. Cette influence s’est renforcée à partir de 1937, époque à laquelle Camus a entrepris de mettre en scène le Prométhée d’Eschyle pour le Théâtre du Travail d’Alger. Comme en témoignent ses remarques disséminées ça et là, Camus avait attentivement lu les auteurs tragiques grecs, en particulier Eschyle et Sophocle. Il n’a pas non plus omis de consulter les ouvrages de chercheurs modernes sur le sujet. On trouve ainsi dans Carnets I une remarque bibliographique sur le théâtre grec datant de septembre 194120. On peut déceler les traces de ces lectures, ces réflexions et ces sources d’inspiration dans la pièce Le Malentendu où Camus a essayé de recréer l’univers tragique et la fatalité du théâtre grec.

Non seulement Camus s’intéresse à la tragédie antique comme artiste et comme créateur, mais aussi en tant que penseur et philosophe. L’influence grecque va même devenir essentielle chez lui au cours des années 1940-1950. Nous avons entre autres à notre disposition le texte de sa Conférence sur la tragédie où il explique les conclusions philosophiques et éthiques qu’il a tirées des principes de la tragédie...

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