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Des personnages et des hommes dans la ville

Géographies littéraires et sociales

Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Les diverses facettes de la ville se donnent à voir non seulement à travers les travaux des sociologues, des historiens, des géographes, mais également à travers la littérature. En croisant ces approches, les auteurs renouvellent l’éclairage critique des notions de lieu et de non-lieu, d’habitable et d’inhabitable, d’entre-soi, de désaffiliation, ou encore d’errance. Cette approche de l’urbain fait appel aux données de la mémoire orale et s’ancre dans une histoire des traces, dans l’infra-historique et dans les représentations de la spatialité intime. La première partie du livre réévalue la place de l’individu dans les conurbations industrielles et postindustrielles. La deuxième est consacrée à l’examen des réseaux urbains et à la mise en perspective littéraire de quartiers emblématiques, alors que la troisième traite des processus « d’infection » et de « contamination » à l’œuvre dans les centres urbains et analyse les mécanismes d’innovation et de blocage sociaux et linguistiques. Dans la quatrième partie, sont examinées les frontières symboliques et la déconstruction du tissu social traditionnel dans le Montbéliard des années soixante, de même que les destinées d’un groupe d’ouvriers dans la vallée du Doubs en voie d’industrialisation ; enfin, un fait-divers criminel exemplaire éclaire les modalités de la cohabitation houleuse entre sédentaires et gens du voyage dans la seconde moitié du siècle industriel.
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Chapitre 8: Métabolisme urbain et logiques interactionnistes

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Nous avons donné des exemples saillants de renouvellement urbain, avec le Forum des Halles de Paris [7] – illustration des transformations d’un quartier historique, mais aussi avec le cas de Saint-Denis – juxtaposant un haut-lieu, s’il en est (la basilique), et des grands ensembles symboliquement enracinés dans le terreau des bidonvilles. Par certains traits de réappropriation et de redistribution de l’espace évoquant des structures auto-organisées, la régénération du tissu urbain s’apparente à un phénomène naturel, quasi biologique dans sa cyclicité, un réseau dont les no man’s land et autres friches urbaines constitueraient les cicatrices évolutives1. Pour Declève, citant Berque (2008, p. 12) :

La métaphore biologique a souvent été utilisée pour parler de la ville. […] De fait, un processus culturel éminemment évolutif et complexe lie organiquement les habitants d’une ville aux lieux qu’ils habitent, qui opère selon une dynamique qu’Augustin Berque appelle la « trajection » : «… une opération qui relève de la manière globale dont l’humain saisit son environnement par les sens, par la pensée, par les mots et par l’action… On peut y voir aussi bien la créativité de la nature, qui ne cesse d’engendrer des espèces nouvelles, que, plus spécifiquement, celle des générations humaines successives, dont chacune prend pour un donné de la nature (S) ce qui est en réalité l’œuvre des générations précédentes (S/P) » (Berque, 2008, p. 35).

Cette conception évolutive...

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