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Des personnages et des hommes dans la ville

Géographies littéraires et sociales

Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Les diverses facettes de la ville se donnent à voir non seulement à travers les travaux des sociologues, des historiens, des géographes, mais également à travers la littérature. En croisant ces approches, les auteurs renouvellent l’éclairage critique des notions de lieu et de non-lieu, d’habitable et d’inhabitable, d’entre-soi, de désaffiliation, ou encore d’errance. Cette approche de l’urbain fait appel aux données de la mémoire orale et s’ancre dans une histoire des traces, dans l’infra-historique et dans les représentations de la spatialité intime. La première partie du livre réévalue la place de l’individu dans les conurbations industrielles et postindustrielles. La deuxième est consacrée à l’examen des réseaux urbains et à la mise en perspective littéraire de quartiers emblématiques, alors que la troisième traite des processus « d’infection » et de « contamination » à l’œuvre dans les centres urbains et analyse les mécanismes d’innovation et de blocage sociaux et linguistiques. Dans la quatrième partie, sont examinées les frontières symboliques et la déconstruction du tissu social traditionnel dans le Montbéliard des années soixante, de même que les destinées d’un groupe d’ouvriers dans la vallée du Doubs en voie d’industrialisation ; enfin, un fait-divers criminel exemplaire éclaire les modalités de la cohabitation houleuse entre sédentaires et gens du voyage dans la seconde moitié du siècle industriel.
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Postface: Habiter le temps et l’espace : Modernité et désaffiliation

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Ça ne prévient pas quand ça arrive / Ça vient de loinÇa s’est promené de rive en rive / La gueule en coinEt puis un matin, au réveil / C´est presque rienMais c´est là, ça vous ensommeille / Au creux des reinsLe mal de vivre / Le mal de vivreQue l’on doit vivre / Vaille que vivre

Barbara, 1964

Les quatre parties qui composent notre ouvrage convergent vers une même conclusion : comme l’observe Rousseau – avec qui nous avons ouvert ce livre – aussitôt que l’individu ne maîtrise plus son environnement naturel et social, qu’il est forcé de cohabiter, il est aliéné, soumis à l’autorité d’un chef : « le chef est l’image du père, le peuple est l’image des enfants ; et tous, étant nés égaux et libres, n’aliènent leur liberté que pour leur utilité. » (1762/2014, p. 10) L’aliénation de la liberté, tant qu’elle se limite à obtenir une juste rétribution en échange d’un service mesuré, reste admissible. Toutefois, les limites de cette acceptation sont si floues, les marges du contrat tellement extensibles, tellement surchargées de mentions restrictives et coercitives, l’empan appréciatif étant généralement abandonné, de gré ou de force, à un patron, à un maître, à un employeur, à une administration, la plupart du temps fort peu bienveillants – aujourd’hui comme hier –, que l’individu se trouve soumis « à la tyrannie des rapports sociaux », comme l’écrivait Louis Althusser commentant Le Contrat social :

Tant qu’il « restait de...

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