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Ordre et désordre dans l’œuvre romanesque de Luigi Pirandello

Hanane Majri

La recherche entreprise dans cet ouvrage est une étude des œuvres romanesques de Luigi Pirandello, dont le fil conducteur est le rapport inextricable entre ordre et désordre. Prisonniers d’une forme, les personnages pirandelliens tentent de se libérer à travers un questionnement existentiel sans fin qui leur fait prendre conscience des limites de leur être, mais aussi de leur difficulté à communiquer. Confrontés au regard de l’« Autre », ils apparaissent toujours porteurs d’un masque, ce qui leur dénie toute identité stable et définitive. Et il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que chaque personnage soit tout à la fois « un, personne et cent mille ». En effet, pour Pirandello la réalité est multiple et changeante en fonction des points de vue. De plus, elle est souvent le résultat d’une série de hasards qui la mettent à l’épreuve du chaos, ce qui induit, chez les personnages, doute, incertitude et mal-être. Entre désir de fuite et retours en arrière, leur vie sera – quelle qu’en soit la forme – illusoire.
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Introduction

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Luigi Pirandello reste essentiellement dans l’histoire de la littérature européenne comme un dramaturge. Plus connu pour ses pièces de théâtre que pour ses poésies, ses essais, ses romans ou ses nouvelles, Pirandello n’en est pas moins l’un des plus importants et des plus grands écrivains de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Dès l’âge de vingt-quatre ans, il se consacre à sa vocation littéraire et s’installe à Rome où il se liera d’amitié avec son contemporain Luigi Capuana qui le poussera vers le récit, sous formes de romans et de nouvelles. Il sera également en contact avec des intellectuels siciliens avec qui il collaborera à l’écriture de revues et de journaux. Soutenu par ses contemporains, tels que D’Annunzio, Verga et bien d’autres, Pirandello représente les inquiétudes et les angoisses des hommes de son siècle. Il révèle ainsi la lassitude, la démission de l’individu, ainsi que la crise d’identité qui le réduit à être tout à la fois « un, personne et cent mille ».

Le travail et l’analyse entrepris concerneront principalement les romans de Pirandello. Ses romans, en tout et pour tout au nombre de sept, – dans l’ordre chronologique de publication : L’esclusa (1901), Il turno (1902), Il fu Mattia Pascal (1904) Suo Marito (1911), I vecchi e i giovani, (1913) I Quaderni di Serafino Gubbio operatore (1915) et Uno, nessuno e centomila (1925) – développent plus ou moins toujours les...

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