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Ordre et désordre dans l’œuvre romanesque de Luigi Pirandello

Hanane Majri

La recherche entreprise dans cet ouvrage est une étude des œuvres romanesques de Luigi Pirandello, dont le fil conducteur est le rapport inextricable entre ordre et désordre. Prisonniers d’une forme, les personnages pirandelliens tentent de se libérer à travers un questionnement existentiel sans fin qui leur fait prendre conscience des limites de leur être, mais aussi de leur difficulté à communiquer. Confrontés au regard de l’« Autre », ils apparaissent toujours porteurs d’un masque, ce qui leur dénie toute identité stable et définitive. Et il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que chaque personnage soit tout à la fois « un, personne et cent mille ». En effet, pour Pirandello la réalité est multiple et changeante en fonction des points de vue. De plus, elle est souvent le résultat d’une série de hasards qui la mettent à l’épreuve du chaos, ce qui induit, chez les personnages, doute, incertitude et mal-être. Entre désir de fuite et retours en arrière, leur vie sera – quelle qu’en soit la forme – illusoire.
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Chapitre II : Entre réflexion et fiction

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Introduction

Nous avons vu dans notre premier chapitre que la réalité des uns n’était pas forcément la réalité des autres. Nous allons maintenant tenter d’analyser ce qu’est la fiction et en particulier chez Pirandello. Le mot fiction vient du verbe latin « fingere » (feindre, faire semblant). Une fiction est une histoire fondée sur la recréation et la réélaboration de faits vécus ou imaginés. Tous les faits présentés dans une fiction ne sont pas nécessairement imaginaires. Et, de toute façon, la fiction doit créer une impression de réel, c’est-à-dire que l’individu à qui la fiction s’adresse doit pouvoir croire, pendant un temps limité, que ces faits sont possibles. « Cette suspension consentie de l’incrédulité304 » est le fait d’accepter de vivre un rêve ou une fiction comme s’il s’agissait de la réalité, pour mieux ressentir ce que pourrait être la situation évoquée. Et Corrado Donati d’écrire : ← 311 | 312 →

Du conflit entre la réalité et la fiction, Pirandello fait découler sa conception de la fiction artistique comme réalité immuable « plus vraie que la vie elle-même », puisqu’elle possède une valeur paradigmatique et universelle305.

Il s’agit donc d’une expérience de simulation purement cognitive exacerbant l’imagination et les sentiments de celui qui la vit. Les formes de mise en situation paradoxales sont souvent à la base de l’humour, jugé d’autant plus fin et utile...

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