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Autobiographie et textualité de l’événement au XXe siècle dans les pays de langue allemande

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Françoise Lartillot and Frédéric Teinturier

Entre genèse du texte et genèse de soi s’immiscent à la fois les interprétations de soi au prisme de l’événement et de l’événement au prisme du moi, qui constituent en quelque sorte l’écriture autobiographique, celle-ci étant elle-même sous cette espèce herméneutique une forme de conquête philosophique et littéraire du 20e siècle. Ces interactions sont d’autant plus complexes quand l’événement est en outre de nature frappante, soit que la guerre annihile toute forme d’optimisme, que la dictature nazie ainsi que ses corollaires terribles et criminels annihilent l’individu, que l’exil le prive d’un contexte culturel favorable, ou inversement que le fait de se penser comme relevant d’une marge, sexuelle, politique ou historique conduise à une torsion des formes d’expression choisies.
Ce sont ces niveaux de réflexion qui ont animé les auteurs de cet ouvrage qui se sont concentrés sur les textes en langue allemande mais ont fait aussi intervenir parfois les textes miroirs de la culture française.
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L’événement au miroir de l’autobiographie: authenticité et masques

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Etudier l’autobiographie, c’est se situer au carrefour de différents modes de lecture des textes nous renvoyant à une question fondamentale (en amont), sommes-nous un ou plutôt si nous le sommes, en quoi le sommes-nous et pouvons-nous en référer et de l’autre (en aval), comment le devenons-nous éventuellement pour l’écriture et comment cette interrogation là nous conduit aussi, pour étudier les autobiographies, à nous placer au confluent de plusieurs disciplines. La question interdisciplinaire se pose en outre si l’on s’adresse à l’autobiographie dans l’idée d’en comprendre l’interaction avec l’historiographie.

La question interdisciplinaire avait déjà animé les organisateurs de ce colloque, dans le sens où ils s’étaient placés sous le patronage d’Erich Auerbach,1 dans le cadre d’une interrogation plus vaste, rapprochant et différenciant en même temps littérature et historiographie, auxquelles on pouvait alors prêter des traits communs par le truchement d’un prisme commun, celui du récit religieux. En outre du fait d’une réinterprétation anthropologique de ce récit, on pouvait considérer que le récit littéraire voulant ressembler à un événement historique, n’en empruntait pas moins la voie d’un mélange judéo-chrétien d’humilité et de sublimité, tel qu’on en trouve chez les grands ‹réalistes›, «depuis Rabelais jusqu’aux grands auteurs russes modernes comme Tolstoï ou Dostoïevski».2

Centrer cette réflexion sur un corpus de textes autobiographiques semblait s’imposer dans une seconde phase, du fait que les...

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