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Autobiographie et textualité de l’événement au XXe siècle dans les pays de langue allemande

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Edited By Françoise Lartillot and Frédéric Teinturier

Entre genèse du texte et genèse de soi s’immiscent à la fois les interprétations de soi au prisme de l’événement et de l’événement au prisme du moi, qui constituent en quelque sorte l’écriture autobiographique, celle-ci étant elle-même sous cette espèce herméneutique une forme de conquête philosophique et littéraire du 20 e siècle. Ces interactions sont d’autant plus complexes quand l’événement est en outre de nature frappante, soit que la guerre annihile toute forme d’optimisme, que la dictature nazie ainsi que ses corollaires terribles et criminels annihilent l’individu, que l’exil le prive d’un contexte culturel favorable, ou inversement que le fait de se penser comme relevant d’une marge, sexuelle, politique ou historique conduise à une torsion des formes d’expression choisies.
Ce sont ces niveaux de réflexion qui ont animé les auteurs de cet ouvrage qui se sont concentrés sur les textes en langue allemande mais ont fait aussi intervenir parfois les textes miroirs de la culture française.
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Autobiographie, correspondance, fiction…: les documents pesés au trébuchet de la science historique dans les études sur l’exil

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Daniel AZUELOS

Université de Picardie Jules Verne

Quand j’ai commencé à travailler sur l’exil sous le national-socialisme au milieu des années quatre-vingt, ce n’était pas encore en historien voire en historien des idées que j’abordais ce type de recherche, mais je pensais m’inscrire tout banalement dans le paradigme qui avait force de loi du moins chez les plupart des chercheurs qui, aussi bien en France qu’en Allemagne, avaient commencé de déblayer le terrain depuis plusieurs années et auxquels je tiens à rendre hommage pour leur travail de pionniers: je veux parler du paradigme de la littérature. En effet, les premiers à s’être attelés à cette tâche nouvelle pour la germanistique étaient plutôt des universitaires spécialistes de littérature, par exemple Walter Berendsohn, John Spalek, Guy Stern, pour ne citer que quelques noms. La plupart avaient d’ailleurs eux-mêmes quitté l’Allemagne national-socialiste dans les années trente pour la Grande-Bretagne, les pays nordiques et surtout les Etats-Unis, et ils concevaient leur apport aux études sur l’exil comme un devoir de mémoire. De nombreuses autobiographies et de nombreux romans ou récits autobiographiques ont été déjà ainsi publiés avant et après la guerre (Klaus Mann, Lion Feuchtwanger, Alfred Döblin, Arnold Zweig, Stefan Zweig, Anna Seghers etc., la liste est loin d’être exhaustive) et on ne prit pas conscience immédiatement qu’on avait affaire à un genre qui pouvait nécessiter un traitement particulier. Je...

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