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Autobiographie et textualité de l’événement au XXe siècle dans les pays de langue allemande

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Françoise Lartillot and Frédéric Teinturier

Entre genèse du texte et genèse de soi s’immiscent à la fois les interprétations de soi au prisme de l’événement et de l’événement au prisme du moi, qui constituent en quelque sorte l’écriture autobiographique, celle-ci étant elle-même sous cette espèce herméneutique une forme de conquête philosophique et littéraire du 20 e siècle. Ces interactions sont d’autant plus complexes quand l’événement est en outre de nature frappante, soit que la guerre annihile toute forme d’optimisme, que la dictature nazie ainsi que ses corollaires terribles et criminels annihilent l’individu, que l’exil le prive d’un contexte culturel favorable, ou inversement que le fait de se penser comme relevant d’une marge, sexuelle, politique ou historique conduise à une torsion des formes d’expression choisies.
Ce sont ces niveaux de réflexion qui ont animé les auteurs de cet ouvrage qui se sont concentrés sur les textes en langue allemande mais ont fait aussi intervenir parfois les textes miroirs de la culture française.
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La construction de l’autobiographie

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Véronique MONTÉMONT

Université de Lorraine

À la mémoire de Catherine Viollet,dont l’amitié a ouvert tant de chemins.

Si l’autobiographie est un objet complexe, c’est notamment parce que les questions de pragmatique sont toujours liées chez elle à celles d’esthétique et de contenu. Comme l’a montré Philippe Lejeune, pour qu’une autobiographie soit reçue comme telle, il faut la conclusion d’un pacte qui va engager, psychologiquement et moralement, le lecteur à croire en la véracité du récit qui lui est proposé.1 Si l’autobiographie se présente, depuis Rousseau, comme un discours de la transparence,2 elle n’en demeure pas moins, comme tout autre texte, exposée à la fiction, ne serait-ce que parce qu’elle entreprend le récit d’une vie, et que celui-ci implique la reconstitution d’une mémoire.3 De nombreux autobiographes, au demeurant, s’interrogent sur la façon dont l’écriture va segmenter, falsifier, peutêtre appauvrir ce qui appartient au souvenir; d’autres assument ouvertement le fait d’intégrer à leur récit une part fantasmatique.4 A l’inverse, on se trouve parfois face à des textes baptisés romans, ou présentés ← 51 | 52 → comme des fictions, alors que leur contenu autobiographique semble pourtant indéniable.5

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