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Autobiographie et textualité de l’événement au XXe siècle dans les pays de langue allemande

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Françoise Lartillot and Frédéric Teinturier

Entre genèse du texte et genèse de soi s’immiscent à la fois les interprétations de soi au prisme de l’événement et de l’événement au prisme du moi, qui constituent en quelque sorte l’écriture autobiographique, celle-ci étant elle-même sous cette espèce herméneutique une forme de conquête philosophique et littéraire du 20e siècle. Ces interactions sont d’autant plus complexes quand l’événement est en outre de nature frappante, soit que la guerre annihile toute forme d’optimisme, que la dictature nazie ainsi que ses corollaires terribles et criminels annihilent l’individu, que l’exil le prive d’un contexte culturel favorable, ou inversement que le fait de se penser comme relevant d’une marge, sexuelle, politique ou historique conduise à une torsion des formes d’expression choisies.
Ce sont ces niveaux de réflexion qui ont animé les auteurs de cet ouvrage qui se sont concentrés sur les textes en langue allemande mais ont fait aussi intervenir parfois les textes miroirs de la culture française.
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Les traces de l’Histoire dans les récits autobiographiques de Thomas Bernhard. Une esthétique des limites?

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Cécile CHAMAYOU-KUHN

Université de Lorraine, Metz

L’écriture biographique est, ainsi que le suggère Philippe Lejeune, un pacte scellé autour de l’identité du nom (auteur-narrateur-personnage). A ce premier pacte s’en ajoute un second, que Lejeune nomme «le pacte référentiel», et qu’il définit en ces termes: «[…] la biographie et l’autobiographie sont des textes référentiels […] ils prétendent apporter une information sur une ‹réalité› extérieure au texte, et donc se soumettre à une épreuve de vérification. Leur but n’est pas […] ‹l’effet de réel›, mais l’image du réel […].»1

L’autobiographie correspond donc à un engagement entre, pourrait-on dire, un soi et un soi-même dont la finalité est de dire la vérité et, en ce sens, d’atteindre une forme d’authenticité dans la manière dont sont dépeintes des émotions ou dont sont narrés des faits. Les réflexions qu’appelle l’autobiographie s’articulent par conséquent non seulement autour de la dichotomie authenticité ou vérité vs fiction, mais aussi autour de sa finalité, c’est-à-dire de sa fonction pour celui ou celle qui choisit de se raconter publiquement.

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